mardi 10 avril 2007

Faut-il croire aux sondages ?

Hola de la Patagonia !

Un peu d’actualité… Cette période d’élections nous abreuve de sondages. Sondages qui sont à la fois quotidiens… et quotidiennement remis en cause. Sont-ils capable de prévoir les résultats des élections ? Même si les sondeurs eux-mêmes, et les journalistes parfois, rappellent qu’ils ne sont qu’une photographie instantanée, ils sont néanmoins utilisés par les analystes politiques et le tout un chacun comme une information quant aux futurs résultats des élections. Deux questions se posent donc : les sondages nous donnent-il effectivement une information précise sur les résultats des élections, et, sont-ils vraiment une photo instantanée de l’opinion publique ?

Les réponses à ces questions sont non, et non.

Les sondeurs eux-mêmes ne cherchent plus à prétendre que les sondages sont des outils de prévisions et le simple rappel des faits est sans appel : selon les sondages, Edouard Balladur aurait du être élu en 1995 et aucun d’entre eux n’avait prévu la présence de Jean-Marie Le Pen au deuxième tour en 2002.

De plus, les sondages, s’ils peuvent apporter des informations sur les opinions des sondés et leur évolutions dans le temps, ne sont certainement pas non plus une image fidèle, une photographie de l’opinion publique, si tant est qu’une telle chose existe.

La raison en est simple : les sondages se basent pour l’essentiel sur des projections linéaires et/ou temporelles :
  • si tant de personnes parmi l’échantillon des sondés se comportent ainsi, alors x % de la population se comportera ainsi.
  • si par le passé les échantillons de sondés ont donné telle ou telle information sur la population globale, nous pouvons refaire aujourd’hui les mêmes hypothèses, voire apporter les corrections souhaitables aux résultats actuels pour tenir compte du passé.
Mais justement, tout cela ne peut plus fonctionner ! Comme nous avons commencé à le voir, le monde n’est plus linéaire, il est devenu chaotique, il est devenu fractal. Et là aussi, on en trouve plusieurs exemples :
  • le choix même des échantillons de sondés pose problème. Comment projeter des résultats obtenu avec des échantillons de personnes tels qu’ils étaient fait par le passé alors que près de 20% de personnes n’ont plus de téléphone fixe (les sondés le sont par téléphone fixe), surtout parmi les plus jeunes électeurs ?
  • on voit apparaître ce que l’on pourrait comparer à des boucles de rétroaction positives avec des sondés qui choisissent leur réponse en fonction de leur volonté de manipulation du résultat du sondage…
  • et que penser du phénomène de l’influence de l’observateur sur l’observé ? Ainsi du choix des sondeurs de faire des sondages sur des éventuels scénarios de deuxièmes tours aux élections présidentielles avec des candidats qui ne doivent pas passer l’étape du premier tour d’après leurs propres sondages !
Les sondages ne sont pas pour autant inutiles. C’est leur utilisation qui est abusive.

Aujourd’hui, dans un monde non linéaire, qui est devenu fractal, les sondages sont même peut-être plus utiles que jamais. Mais les probabilités et les statistiques, doivent être maintenant articulées avec la théorie du chaos. Alors, les sondages pourront permettent deux choses essentielles pour la compréhension et la bonne vision d’un monde fractal :
  • ils permettent de suivre les évolutions dans le temps.
    Aux mêmes questions, quelles sont les réponses apportées par le même type d’échantillon de personnes à des époques différentes.
  • ils sont une aide indispensable à l’établissement de différents scénarios possibles.
    Plutôt que prédire une, et une seule, éventuelle réalité future, à savoir la plus probable, ils permettent de travailler sur les différentes émergences possibles.
En effet, dans un monde linéaire, on peut faire des projections. Mais dans un monde fractal (voir article du 31 janvier 2007), on fait des scénarios, on essaie de voir les différents chemins possibles. Voir ces scénarios, c’est comme essayer de voir les images fractales émerger de ce qui semble être le chaos, être capable de voir l’ordre dans le désordre.

Il serait ainsi dommage de jeter le bébé avec l’eau du bain ! Nous avons plus que jamais besoin d’outils d’analyse et de projection. Nous avons besoin de l’intégration des sciences de la probabilité et des sciences du chaos pour les méthodes de sondages, comme c’est déjà le cas dans les domaines de la météorologie et financiers par exemple.
Sachons donc utiliser les sondages pour ce qu’ils peuvent nous apporter… et un peu moins pour les discussions de café de commerce et autre course au meilleur candidat !

samedi 24 février 2007

Emergence d’une conscience collective fractale : elle est déjà là !

La nouvelle conscience (intelligence ?) collective sera fractale (voir article du 31 janvier 2007). Et cette nouvelle conscience mondiale est déjà en train de naître ! Bien sûr, si vous conservez une vision linéaire, vous ne pouvez pas la voir. J’entends par vision linéaire, une vision où on projette des tendances existantes et où l’on se base sur les modèles actuels pour comprendre et faire des projections. Par contre, avec une vision fractale, vous verrez alors émerger cette nouvelle forme de conscience collective. J’entends par vision fractale, la capacité à identifier les motifs d’une image fractale dans le chaos apparent formé par les nouvelles frontières multiples et imbriqués entre elles.

Ainsi, quelques exemples :

  • Jamais dans l'histoire de l'humanité, autant de personnes à travers le monde n’ont manifesté contre une guerre, la deuxième guerre du golfe.
    Avec une vision linéaire, vous ne verrez que l'échec de ces manifestations dans leur tentative d'empêcher cette guerre qui a finalement bien eu lieu.
    Avec une vision fractale, vous verrez qu’en plus de la taille record de ces manifestations il ne s’agit plus d’une simple confrontation binaire entre les opinions de pays pour ou contre la guerre, mais que les plus grandes manifestations ont eu lieux dans les pays mêmes de la « coalition » favorables à cette guerre (la manifestation de 1,5 millions de personnes à Londres est non seulement la plus importantes de ces manifestations mais aussi la plus importante de toute l’histoire anglaise !) Vous verrez ainsi une des amorces d'émergence de cette nouvelle conscience mondiale fractale !

  • Jamais autant de dons n'ont été effectués après une catastrophe naturelle, le tsunami de décembre 2004.
    Avec une vision linéaire, vous ne verrez qu’un élan de générosité proportionnel à l’ampleur de la catastrophe et les problèmes dans l'utilisation, ou la non-utilisation, de ces dons.
    Avec une vision fractale, vous verrez un autre signe de l'émergence de cette nouvelle conscience mondiale : des gens qui n’avaient jamais donné ont contribué à cet élan de générosité mondiale, y compris dans des pays plus habitués à recevoir l’aide mondiale. L’ultra médiatisation de l’évènement n’est pas l’explication de l’incroyable flux de don. C’est une émergence de la conscience mondiale qui tente de répondre, à l'échelle planétaire, à des problèmes qui se posent aujourd'hui, eux-mêmes à l’échelle planétaire : évolution climatique, pollutions, nouvelles pandémies, etc.

  • Le développement rapide du microcrédit est un autre exemple. On est passé ainsi d’un système où de gros prêteurs prêtent à de gros emprunteurs, ou en tout cas à des emprunteurs solvables, à un système où chacun est à la fois emprunteur et prêteur, et à un système qui touche également les moins solvables.
    Avec une vision linéaire, vous ne verrez qu’une extension du monde capitaliste et financier aux plus pauvres.
    Avec une vision fractale, vous verrez l’émergence d’une nouvelle forme d’organisation économique et sociale qui intègre ceux précédemment exclus par le système dominant. Vous verrez un nouvel indice de l’émergence de la conscience mondiale fractale.

  • Jamais le réel et le virtuel n’ont été aussi imbriqués en des frontières variables. Le jeu massivement en ligne Second Life en est un exemple.
    Avec une vision linéaire, vous verrez un nouveau gimmick technologique, un nouveau monde parallèle (et il en existe déjà d’autres). Mais, ce qui est révolutionnaire, ce n’est pas l’aspect monde parallèle, ce sont les interactions avec le monde réel.
    Avec une vision fractale, vous observerez que ce n’est plus le réel d’un côté et le virtuel de l’autre. Le virtuel entre dans le réel et réciproquement. Ainsi les plus grandes marques y articulent leur démarches commerciales et marketing avec celles menées dans le monde réel. Et si les partis politiques s’y affrontent, c’est en grande partie pour qu’on en parle dans les médias du monde réel. De même, l’économie qui y est née a des aspects bien sonnants et trébuchants dans la vie réelle. Et si le réel entre dans le virtuel, le virtuel entre également dans notre réel : pour avoir de nouvelles de son voisin, on tape plus facilement son nom sur Google que l’on frappe à sa porte ! Encore une fois, le réel est dans le virtuel et le virtuel est dans le réel, tous deux imbriqués comme dans une image fractale. Il est même possible que Second Life, qui vient d’ouvrir une partie de ses codes sources, devienne le nouvel outil de navigation sur la toile. Cela pourrait alors devenir le nouveau navigateur du réseau internet et peut-être même une interface entre le réel et le virtuel de la nouvelle conscience mondiale…

Ainsi, avec une vision linéaire, vous ne verrez dans chaque action individuelle, dans chaque ONG, dans chaque projet humanitaire, ou dans chaque émergence du réseau internet, que des projets isolés impossibles à généraliser, à reproduire à plus grande échelle, et qui donc n'auront jamais la taille critique en vue de répondre aux problèmes qui sont à l’échelle planétaire.

Avec une vision fractale vous verrez au contraire l'émergence d'une nouvelle conscience mondiale. Vous verrez les cristaux sources d’une solution de problèmes à l’échelle planétaire.

Les plus attentifs croient voir des signaux faibles et basent leurs prévisions sur ceux-ci. Mais tous ces exemples ne sont pas les signaux faibles d'un univers linéaire. Ce sont les signaux forts d'un univers chaotique et fractal. Ils n'annoncent pas des évolutions, ils sont les preuves d'une nouvelle organisation en train d'émerger.

A nous de voir et savoir accompagner cette nouvelle émergence. Si nous voyons ces nouveaux signes, nous pouvons alors aider, accompagner et faciliter cette émergence. Au contraire, si nous passons à côté, nous continuerons à laisser s'installer les souffrances, les catastrophes, voire le chaos, mais cette fois au sens commun du terme !

L’émergence d’une nouvelle conscience mondiale est à la fois nécessaire et inévitable. Elle se produira tôt tard mais nous avons le choix collectif qu’elle se produise maintenant… ou plus tard. Dans la paix et le bonheur du plus grand nombre… ou dans la souffrance. C’est un choix individuel et collectif historique. Une telle occasion ne s’est jamais produite dans l’histoire de l’humanité !

dimanche 11 février 2007

Qu’est-ce qu’un monde fractal ?

J’essaie de montrer ici en quoi le monde s’est transformé d’ensembles assez homogènes aux frontières clairement définies en un monde où l’un se retrouve dans l’autre, comme dans une image fractale. Le lointain se retrouve ainsi parfois plus proche… et le proche se retrouve parfois lointain.

  • La séparation politique Droite-Gauche : le monde politique était clairement séparé entre la droite et la gauche. Dans certains milieux, on votait même de père en fils pour le même parti. C’est bien sûr encore vrai aujourd’hui. Mais on voit également apparaitre des électeurs qui votent pour un parti tout en partageant clairement les idées du parti adverse. Ainsi voit-on un candidat qui à la fois prône une droite fière… et en appelle à Jaurès. Et une candidate de gauche qui veut rallier les classes les plus populaires et en appelle à l’ordre juste, concept plutôt de droite me semble-t-il.
    Ce ne sont pas que des discours électoralistes, ce sont des hommes et des femmes politiques qui courent après leur électorat qui se fractalise !

  • Le rapport féminin-masculin : les images de l’homme et de la femme étaient bien définies et très différentes, parfois opposées. Or, on demande aujourd’hui aux hommes de laisser apparaître leur féminité et les femmes n’hésitent plus à affirmer des valeurs que l’on considérait il y a peu comme masculines. Les hommes deviennent Metrosexuels, affichant un soin d’eux même et des attitudes qui les auraient classés dans la catégorie des gays il y a peu...
    Les femmes ne deviennent pas masculines, les hommes ne se féminisent pas, c’est le concept féminin-masculin qui se fractalise !

  • La monde de la mode et des branchés : il y a peu, quelques villes comme Paris, Londres, New York, Tokyo, possédaient les lieux branchés et dictaient la loi de la mode et de la branchitude au reste du monde. Le reste, pour les branchés, n’était alors qu’un vaste no man’s land provincial. Aujourd’hui, on trouve des lieux qui affichent tous les codes de la branchitude, et où l’on retrouve le même public, légèrement à la couleur locale, à Mumbai, Bangkok et ailleurs dans le monde.
    Le monde de la mode ou de la branchitude ne s’uniformise pas, il se fractalise !

  • Les modes de consommation : avant, le saumon c’était pour les riches et le hard-discount pour les pauvres. Aujourd’hui, le saumon se retrouve, comme d’autre mets autrefois dit luxueux, sur toutes les tables. Les riches s’approvisionnent à la fois chez les traiteurs Place de la Madeleine et dans les magasins de hard-discount. De même, les compagnies aériennes avaient l’habitude de classer leur clients en catégories aux limites claires : ceux qui voyagent en Première, ceux qui voyagent en Affaires et ceux qui voyagent en classe économique. Ces mêmes compagnies observent que les mêmes clients voyagent un jour en première et le lendemain avec une compagnie Low Cost ! Ou encore, les ventes de la voiture à bas coût Logan dépassent les attentes de Renault parce qu’elles explosent chez les riches !
    Ce ne sont pas que les produits de riches qui se démocratisent et les riches qui jouent aux pauvres, ce sont les habitudes et les reflexes de consommation qui se fractalisent !

  • Les lieux d’éducation et de savoir : ils étaient eux aussi très bien localisés et délimités, essentiellement dans les grandes villes universitaires ou les grandes capitales mondiales. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Par exemple, début 2007, le MIT a décidé que l’ensemble de ses cours seraient disponible gratuitement sur Internet. Ainsi, n’importe qui avec une connexion Internet a accès aujourd’hui à presque tous les savoirs, alors que son voisin de palier ou de village peut rester dans l’ignorance s’il n’est pas connecté.
    Ce n’est pas qu’une fracture numérique, c’est la fractalisation du monde vis-à-vis de l’accès au savoir et à l’éducation.

Je reviendrai prochainement sur tous ces exemples et j’en présenterai d’autres : la conscience, la vie quotidienne, la famille, les aspects géopolitique et religieux, les organisations et le management, etc.

Celui ou celle qui cherche à comprendre, à analyser ou à prévoir l’évolution de tous ces domaines en les observant de manière linéaire court à l’échec. Seule une vision fractale permet de comprendre ces domaines, de prévoir leurs évolutions et d’agir.

samedi 10 février 2007

Nouvelle vision du monde : un nouvel espoir !

Voir le monde de manière fractale peut nous permettre de le comprendre, et aussi de le sauver !

Si nous arrivons individuellement, et collectivement, à développer une nouvelle vision du monde, nous serons plus à même de le voir tel qui est devenu, c'est à dire de plus en plus complexe et en perpétuel changement. La vision fractale du monde nous aidera alors à faire émerger une nouvelle conscience, individuelle et collective.

Celui qui a compris que le monde est loin des équilibres, que son fonctionnement n’est plus linéaire mais chaotique, sait qu’une seule action, un seul projet, une seule transformation individuelle peut changer le monde. C’est le célèbre effet papillon (1) : un battement d'aile de papillon peut déclencher une tempête. Cette notion ne concerne pas seulement la météo, elle s'applique toute autant aux sociétés humaines. Des changements de comportements qui semblent insignifiants au départ peuvent déclencher des bouleversements à grande échelle.

Ainsi, les transformations sociales sont de plus en plus liées à quelques actions individuelles plutôt qu'à des phénomènes de masse. Ceci parce que les conditions essentielles à l'émergence de l'effet papillon sont à présent réunies :

  • La circulation de l'information est de plus en plus rapide et de plus en plus dense entre les différents acteurs de la société et les diverses parties du monde. Des événements auparavant isolés peuvent maintenant être reliés très rapidement. Cela favorise la transmission et l'amplification des changements.

  • Le temps s’est accéléré : il a fallu 3 millions d’années à l’Homme pour passer de l’ère Chasse-Cueillette à l’ère Agriculture-Elevage, 30 000 ans pour passer à l’ère Industrie-Commerce, et seulement 300 ans pour passer à l’ère Création-Communication. Les révolutions technologiques, sociales, économiques actuelles se déroulent sur deux, voire une seule génération. L’Homme et les Cultures n’ont plus le temps de s’adapter en douceur. Par exemple, nos grands-parents naissaient, travaillaient et mourraient proche du même lieu géographique alors que la probabilité de naître, travailler et mourrir au même endroit est aujourd’hui presque nulle ! De même, les 800 mots du langage commun que nos parents apprenaient étaient à quelques exceptions près les même 800 mots qu’ils utilisaient à la fin de leur vie alors que les 800 mots que vous utilisez communément sont déjà bien loin de ceux que vous avez appris jeune. Il n’y a pas si longtemps, vous ne téléchargiez, chattiez ou ne pod-castiez pas beaucoup, n’envoyiez pas beaucoup de sms ou de mail...

  • Les sociétés humaines sont arrivées à un point de bifurcation. Nous sommes dans une période de redéfinition complète des normes et des valeurs en matière de travail, d'économie, mais aussi de vie sociale et de rapports entre Etats.

Tous ces éléments mettent le pouvoir de changer le monde à portée de notre main car dans ce type de situation chaotique, une infime modification peut tout faire basculer.

Si nous cherchons à résoudre les problèmes complexes actuels avec une vision linéaire, nous courrons à l'échec. Ou plutôt à des catastrophes sociales, écologiques, biologiques, terroristes sans précédents dans l'histoire de l'humanité.

Hors actuellement, nous sommes individuellement et collectivement, dans un déni total de réalité. Ce déni absolu s'explique en partie par notre incapacité à voir le monde tel qu’il est. Nous n'avons pas la bonne grille de lecture ! Aussi, avons-nous besoin d'un sérieux upgrade. Alors seulement, nous pourrons comprendre que si les catastrophes n'ont jamais été aussi probables, jamais nous n'avons eu autant de pouvoir pour les éviter et faire émerger un nouveau monde. Le monde chaotique dans lequel nous sommes entrés est encore en phase de décision. C'est le moment le plus sensible aux conditions initiales, le moment ou un simple geste individuel peut encore tout changer. Comme dans l'effet papillon.

Dans un monde linéaire, il faut être suffisamment nombreux, atteindre la masse critique, pour "changer le monde". Dans un monde chaotique, une simple action individuelle peut le sauver.

Jamais dans l'histoire de l'humanité un seul être humain n'a eu autant de pouvoir. Jamais dans l'histoire de l'humanité, vous n'avez eu autant de pouvoir !


(1) Un battement d'ailes d'un papillon au Japon peut provoquer quelques semaines plus tard une tempête sur New-York. Cette image décrit l'effet papillon tel qu'il a été mis en évidence par le météorologue Edward Lorenz.

Il a découvert que dans les systèmes météorologiques, on ne pourra jamais prévoir le temps qu'il fera avec précision car une variation de quelques phénomènes anodins -tels les battements d'ailes d'un papillon- altèrent les paramètres de départ suffisamment pour provoquer des changements énormes au bout d'un certain temps. Le résultat final sera totalement imprévisible, même si on croyait utiliser au départ les mêmes données qu'à une autre époque dont les paramètres les plus importants étaient similaires.

Lorenz a fait cette découverte par accident. Son ordinateur a calculé, seul, les projections météo sur plusieurs jours alors que Lorenz avait oublié de retirer les dernières décimales de ses paramètres de départ -les millièmes, dix millièmes et les cent millièmes. À son retour, Lorenz s'aperçu que le portait météo final était totalement différent de celui qu'il obtenait s'il retirait ces fameuses décimales qu'il croyait presque inutiles tellement elles sont infimes dans les données de départ.

Ainsi donc, une simple action, infinitésimale, engendre inévitablement des conséquences totalement imprévisibles, en météo. C'est ce qui lui a fait dire que: Un simple battement d'ailes d'un papillon au Japon peut provoquer quelques semaines plus tard une tempête sur New-York.

dimanche 4 février 2007

Asie-Occident : des indices pour comprendre un monde fractal ?

Les pensées occidentales et asiatiques présentent de nombreuses différences, voire des oppositions.

- Dualité / Non-dualité

Une des caractéristiques essentielles de la vision occidentale du monde est la dualité. Une chose est vraie ou fausse, blanche ou noire, pas les deux à la fois. Vous êtes chanteur ou acteur, homme politique ou humoriste, etc. Il est impossible d’être les deux. Vous ne pouvez pas être dans une certaine case et dans une autre case à la fois.

Les plus calés scientifiquement parmi vous savent que plus la science a évolué, plus elle s’est dirigée vers la non-dualité. Tout d’abord avec la lumière, qui est à la fois onde et particules, puis avec la non dualité omniprésente dans la mécanique quantique, de même que la non localité (visitez Wikipédia sur la mécanique quantique). Mais à part ces exceptions réservées à l’élite scientifique (1), le citoyen commun vit essentiellement avec une grille de lecture très ancrée dans la dualité.

Une des caractéristique essentielle de la vision asiatique est la non-dualité - le Ying et le Yang (visitez Wikipédia sur le Yin & Yang). Le monde est non dualiste – moniste - une chose peut être vraie et fausse.

Pour illustrer la non dualité, quel meilleur exemple que le terme « économie socialiste de marché » utilisé par les Chinois ? Ou encore, le concept de vacuité du Bouddhisme que je résume grossièrement : tout vient du vide… donc le vide est plein !

- Permanence / Impermanence

Nous vivons en occident dans un monde de permanence : une chose vraie aujourd’hui le sera également demain… et dans vingt milliard d’années.

Par contre, pour le bouddhisme, qui influence une grande partie de l’Asie, tout est impermanence. Bouddha a dit : il n’existe rien de constant si ce n’est le changement.

Ainsi, lorsque Sa Sainteté le Dalaï-Lama est interrogé sur la réincarnation, il répond invariablement : voici les éléments en notre possession qui nous font croire à la réincarnation. Si vous avez d’autres éléments, ou un raisonnement déductif, qui prouve l’inexistence de la réincarnation, nous arrêterons d’y croire dès demain !

- Temps linéaire ou cyclique

La vision occidentale du temps est linéaire. Nous représentons le temps par une flèche.

La vision asiatiques du temps est circulaire, cyclique : après le printemps, l’été, après l’été, l’automne, après l’automne, l’hiver, etc.

A noter : les plus perspicaces d’entre vous auront remarqué que le temps linéaire, symbolisé par une droite, n’est jamais que le temps cyclique représenté par un cercle de rayon infini… J’y reviendrais dans un article sur la méthode fractale de résolution de problème.

- Monde téléologique ou morphologique

Cette différence de rapport au temps, linéaire ou cyclique, a également des conséquences sur notre manière de voir le monde.

Lorsque vous avez une vision du temps linéaire, l’important, c’est où vous allez, le but vers lequel vous vous dirigez. La fin justifie les moyens. Vous êtes dans un monde téléologique (du grec télos ou téléos : fin, but, et logos, discours).

Lorsque le temps est cyclique, ce qui compte ce n’est pas tant vous allez mais comment vous y allez. Si vous marchez correctement sur la bonne voie, tôt tard, vous atteindrez votre but. Les moyens ont les fins qu’ils méritent. Vous êtes dans un monde morphologique (du grec morphé ou morphos : la forme)

-La vérité ou la voie

C’est ainsi que les Occidentaux attachent une extrême importance à la vérité tandis que pour les asiatiques c’est la voie qui est importante.

Par exemple, si je dis à un français que je suis végétarien, sa première question sera « pourquoi ? » La recherche de la vérité… Notez qu’il peut aussi me demander si je suis végétarien, ou végétalien, etc. Il a besoin de savoir dans quelle case je suis. On retrouve la dualité,

L’intégration de la pensée asiatique et de la pensée occidentale (duale/non duale, permanente/impermanente, linéaire/cyclique, téléologique/morphologique, vérité/voie) ne peut pas se faire par opposition ou confrontation. Nous avons besoin de l’union de la vision occidentale et de la vision asiatique.

Cette union peut se faire avec une vision fractale, avec l’aide des sciences du chaos, l’ordre dans le désordre : une non dualité complexe. Notre vision du monde doit évoluer vers une dualité/non-dualité fractale, un Yin et Yang fractal.

(1) Plusieurs grands noms de la mécanique quantique se sont tournés à un moment ou un autre vers les formes de spiritualités asiatiques. Heisenberg, Bohr… et auparavant, Einstein a lui-même écrit plus de livres sur la spiritualité que sur des sujets scientifiques !

mercredi 31 janvier 2007

Une nouvelle vision du monde : une nécessité !

Pour pouvoir "lire" le monde, pour mieux le comprendre, il ne faut plus le voir sous forme de frontières plus ou moins facilement repérables, d'ensemble opposables, duels : Asie ou Occident, musulmans ou chrétiens, communistes ou capitaliste, hommes ou femmes, etc.

De même, certaines confrontations, certains combats de modèles sont dépassés (Le choc des civilisations d’Huntington, La fin de l’histoire de Fukuyama). Ils ne sont que des visions duales et linéaires.

Nous avons en effet aujourd’hui une vision du monde très linéaire, très Newtonienne, qui s'applique très bien lorsque l'on est proche des équilibres. Mais aujourd'hui, tous les domaines, y compris dans notre vie quotidienne, nous montrent que nous sommes loin, souvent très loin des équilibres !

N'entendons-nous pas souvent dire : "c'est le chaos" ?

Jamais dans l’histoire de l’humanité, nous n’avons eu accès, à une telle échelle, à l’ensemble des cultures, des philosophies ou des religions. Ce qui était réservé à quelques passionnés, voyageurs, explorateurs ou experts est maintenant disponible pour tous. Tout vient se mélanger, se confronter, s’enrichir quotidiennement dans nos vies. Toutes les connaissances - trop de connaissances et pas assez de connaissance – viennent se percuter, pour constituer notre univers. Un univers chaotique que nous ne comprenons plus très bien…

Par le passé, chaque grande découverte scientifique a toujours permis de voir le monde différemment (Galilée, Newton, Einstein, Prigogine pour n'en citer que quelques un). Et, aujourd'hui encore, l'état de connaissance le plus avancé, la théorie du chaos, peut nous aider à mieux comprendre le monde.

Si maitriser l'ensemble de la théorie du chaos est difficilement accessible à tout le monde, un de ces aspects peut être appréhendé par tous. Il s'agit des images fractales(1). C’est une image, il suffit de la regarder.

Le monde n’est plus linéaire. Il n’est plus relatif, il n’est plus quantique. Il est chaotique. Ou plus exactement, il est linéaire et relatif et quantique et chaotique

Pour voir et comprendre le monde, il faut intégrer, ne pas opposer : savoir extraire l’ordre du chaos, avoir une vision fractale et holographique !

(1) Un objet fractal possède au moins l'une des caractéristiques suivantes :

  • Il a des détails similaires à des échelles arbitrairement petites ou grandes.
  • Il est trop irrégulier pour être décrit efficacement en termes géométriques traditionnels.
  • Il est exactement ou statistiquement autosimilaire c'est-à-dire que le tout est semblable à une de ses parties. C'est une métonymie d'une partie pour le tout.

(Visitez Wikipedia sur les fractales)