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dimanche 22 janvier 2012

Identités fractales… Qui suis-je ?

J’ai récemment revu une amie très proche qui m’avait à de nombreuses reprises évoqué la souffrance de devoir faire un grand écart de plus en plus inconfortable entre ses propres valeurs et celles imposées par son quotidien professionnel. Mais comme beaucoup, elle semblait faire avec, s’y habituer. J’ai appris récemment qu’elle venait de faire un « burn-out » et venait de passer 4 semaines à l’hôpital… le tout suivi d’une sévère et longue dépression.
J’ai ainsi souvent l’occasion de discuter avec des amis ou même des clients qui se plaignent du « grand écart » entre ce qu’ils pensent dans leur vie personnelle, leurs valeurs, et leur quotidien professionnel. Les deux deviennent pour eux de plus en plus opposés et irréconciliables. Leurs identités rentrent en conflit. Et ce conflit se traduit souvent par le stress, la maladie et la dépression, le « burn-out » ou la folie. Rappelons que près d’un français sur quatre est sous antidépresseur, anxiolytique ou hypnotique !

Nous jouons en fait des rôles de plus en plus multiples en fonction de l’audience et des circonstances, en face à face et on-line. Plus le monde devient complexe et fractal, plus la personnalité devient elle-même complexe et fractale pour s’adapter en permanence, et à une vitesse croissante, aux situations et aux « rencontres » du moment. Nous sommes ainsi passés au cours des décennies d’une personnalité quasi unique, en général celle de son de groupe (le « fils Martin » ou « l’Ardéchois » ou « le Français »), à une personnalité plurielle : on n’est pas le même au travail, avec ses amis ou avec ses enfants. Nous sommes devenus des personnalités fractales qui changent et s’adaptent en permanence.
On observe même une accélération du changement de notre personnalité. Auparavant, nous pouvions éventuellement changer de personnalité une ou deux fois dans sa vie, rarement plus. Puis nous nous sommes mis à changer plusieurs fois par jour. Et maintenant nous changeons de personnalité en permanence.

Notre identité, notre « soi » n’est plus une chose unique, construite par ses parents ou son groupe. Notre identité est en permanence en construction, quasiment en peer to peer, par l’ensemble de plus en plus massif des gens avec qui l’on interagit dans les mondes réel et virtuel.

La vie devient une multitude de pièces de théâtre où chaque acteur-spectateur joue de manière collaborative avec les autres spectateurs-acteurs. Et cette pièce de théâtre permanente et changeante ressemble de moins en moins à la comédie française et de plus en plus au théâtre d’improvisation.

Alors, avec toutes ces identités de plus en plus multiples et fractales, la question se pose : qui sommes-nous ? Notre personnalité n’est plus stable, elle est devenue chaotique ! Aussi, la compréhension de l’évolution des systèmes chaotiques nous apporte des éléments de réflexions, et je vois deux possibilités :
  • Soit nous nous perdons dans toutes ces identités qui peuvent s’opposer entre elles jusqu’au conflit… entrainant la folie ou la dépression. C’est l’effondrement, le « breakdown » (dépression en anglais !) Ainsi, de nombreuses personnes victimes de dépressions, burn-out et de toutes sortes de supposées nouvelles pathologies telles que les « broder line », sont les symboles de cet effondrement personnel.
  • Soit il y a « breakthrough » : émergence d’un nouveau niveau de conscience à la fois complétement incarné dans nos identités multiples, et complétement détachés de celles-ci. Des personnes de plus en plus éveillées, les créatifs culturels par exemple, montrent la possible émergence d’une supra identité individuelle à la fois incarnée dans les identités multiples et à la fois détachée et « au-dessus » de celle-ci
Et ces deux possibilités d’effondrement ou d’émergence individuelle sont à l’image des deux voies possibles d’évolutions pour l’humanité : effondrement ou émergence !

Les différentes identités de l’humanité, c’est-à-dire les différentes cultures, les différentes religions et les différentes nationalités vivaient, pour l’essentiel, indépendamment les unes des autres jusqu’à il y a quelques siècles. Au travers des nombreux échanges dus à la globalisation, elles se rencontrent aujourd’hui de façon massive et permanente. Rappelons ici les plus de deux milliard d’êtres humains ayant accès à internet, les plus de cinq milliard de téléphone portables et les 49 000 avions qui volent chaque jours dans le monde.

Aussi, pour éviter un effondrement de l’humanité en tant que collectif humain, une grande « dépression » qui ne serait pas qu’économique et l’entrée dans les ténèbres d’une époque de conflits incessants, de drames sociaux et écologiques, l’émergence d’une nouvelle conscience planétaire est indispensable à la survie de l’humanité.

La route vers plus de sens et plus de spiritualité n’est donc plus le loisir ou le luxe de quelques un. Cela n’est plus un accessoire amusant un peu New Age. C’est une question de survie individuelle et pour l‘humanité.

vendredi 16 juillet 2010

Une relation d'amour fractale ?

On peut classer l'évolution des relations de couple en plusieurs étapes :

  • L'amour physique, sexuel : à l'époque chasse-cueillette, le but essentiel de la relation c'est la survie, sa propre survie et celle de ses gènes. Ainsi, la femme choisira la mâle dominant, plus à même de la protéger et d'assurer sa survie et celle de ses gènes. De même, le mâle choisira la femelle la plus vigoureuse. Pour plus de sécurité, il en choisira même plusieurs... Je l'appelle amour physique car il est basé essentiellement sur la partie physique d'une relation, en particulier sexuelle (1).

  • L'amour social, d'intérêt : à l'époque agriculture-élevage, en général, les mariages sont arrangés par la famille. Ils permettent ainsi par exemple de sceller des unions entre familles ou de récupérer le terrain des voisins tant convoité depuis des décennies. Cela explique aussi le droit d'ainesse qui évite un redécoupage des terres. Bien sûr, ce type d'amour inclus aussi parfois l'amour physique et sexuel.

  • L'amour libre ou l'amour amour : l'époque de l'industrie-commerce voit apparaître plusieurs évolutions de l'amour que l'on peut appeler libre. Ainsi, on choisit soi-même son/sa partenaire par amour. Et quand on n'aime plus, on divorce. Ce type d'amour inclus souvent l'amour physique et sexuel, et parfois l'amour social, d'intérêt. Certaines époques, telles 1968 et la période hippie, font apparaître la version paroxystique de cette version de l'amour.

  • Le Super Amour : une évolution ultérieure verra apparaitre ce qu'Alvin Toffler va appeler le Super Amour (Super Love) où les partenaires, en plus de l'amour, recherchent d'autres formes de respect quasi professionnelles. Les couples sont ainsi amenés à partager de plus en plus de temps à la maison (télétravail, micro business, etc.) On veut alors pouvoir compter sur un véritable partenaire (au sens des affaires) à qui on peut demander conseil. Le respect intellectuel et l'estime réciproque des compétences de l'autre sont alors essentiels. Ce type d'amour peut inclure l'amour physique et sexuel, l'amour social, d'intérêt. Il inclut souvent l'amour amour.

  • L'Hyper Amour : avec l'époque de la création-communication chacun cherche à explorer et faire éclore sa propre singularité. On cherche alors un véritable partenaire spirituel, une personne capable d'accompagner son propre développement personnel et spirituel. L'amour s’éloigne de plus en plus des schémas sociaux conventionnels (mariage, divorce) et on voit encore apparaitre des nouvelles formes de couples, par exemple de même sexe, ou des familles de plus en plus recomposées qui réclament leur officialisation ou simplement le droit d'exister. Ce dernier type d'amour peut inclure tous les types précédents.

Après les partenaires génétiques, les partenaires sociaux, les partenaires romantiques et d'affaires, on voit donc maintenant apparaitre les partenaires spirituels !

Bien sûr, à chaque époque, de nombreuses personnes n'atteignent pas la forme d'amour la plus évoluée de son époque et en restent à une forme d'amour moins évoluée…

On peut également voir apparaître des divergences au sein d'un même couple. On verra alors l'un reprocher à son/sa partenaire de ne pas lui apporter le bon type d'amour : il/elle ne pense qu'à « libérer sa puissance génétique » (traduire par « il/elle ne pense qu’à baiser ») ou encore il/elle n'est « pas assez romantique » (traduire par « il/elle ne pense qu'à mon argent ») ou « pas assez spirituel » (traduire par « il/elle est vraiment trop lourd »), etc.

Alors les solutions ? Bien sûr avoir une vision plus fractale de nos relations de couple ! Cela passe peut-être pour certains par des relations successives en fonction de son évolution. Ou avoir des relations multiples avec différents partenaires, où chacun sait quel type d'amour l'autre lui apporte (et ne lui apporte pas) et quel type d’amour il apporte à l'autre.

La relation de couple fractal parfaite ? Celle où chacun dans le couple, et le couple lui-même en tant qu'entité, évolue en harmonie au travers des différents types d'amour en sachant les intégrer de manière fractale. Ainsi, je sais être une bête en rut à certains moments et célébrer romantiquement la vie du couple à d’autres, je fais confiance aux conseils experts de mon/ma partenaire, et ensemble nous évoluons spirituellement dans le respect de nos singularités vers une meilleure relation intégrale et fractale !


(1) A noter que certains d’entre vous pourrons opposer que ma connaissance de cette époque commence et s’arrête à la Guerre du feu et à Pourquoi j’ai mangé mon père. Ils n’auront pas tort. Notre vision de cette époque, faute de traces plus précises, est essentiellement une reconstitution en fonction de notre vision du monde actuelle. Il n’est pas impossible qu’à cette époque la civilisation fut beaucoup plus évoluée. Mais, je m’en tiendrai ici à la vision la plus partagée de nos jours.

lundi 17 mai 2010

mardi 30 mars 2010

Conférence : Comment naviguer dans un monde chaotique ?

Le 28 avril 2010 à l'Entrepôt à 19h30

Conférence de Bruno Marion : Comment naviguer dans un monde chaotique, surfez sur le tsunami des changements !

  • Que faire pour upgrader notre système de pensée afin de voir le monde tel qu'il est, et non tel qu'il n'est plus ?
  • Comment surfer sur le tsunami des changements dans notre vie professionnelle et personnelle ?
  • Comment se protéger de la crise systémique - financière, économique, sociale, écologique, qui nous submerge ?
  • Que nous enseignent les grandes traditions asiatiques et occidentales pour comprendre notre monde en pleine mutation ?
  • Pourquoi et comment intégrer les derniers changements de paradigmes scientifiques au quotidien ?
  • Les images fractales pour les nuls. La théorie du chaos, késako ?

Bruno Marion partage avec chacun d’entre nous une nouvelle vision du monde en l’illustrant d'exemples précis qui concernent notre vie personnelle, familiale, sociale, professionnelle et managériale. Il nous donne les moyens d'agir et d'être acteurs du changement dans tous ces domaines.

Passionné par les changements de paradigme scientifiques, sociaux, ou philosophiques, Bruno Marion propose dans le cadre de l’approche intégrale une vision du monde qu’il nomme fractale. Résultat de ses recherches dans ces domaines et de sa confrontation aux cultures asiatiques, cette nouvelle grille de lecture permet de faire face aux changements que nous rencontrons dans nos vies personnelles, familiales, sociales et professionnelles. Cette nouvelle approche systémique permet non seulement de voir et de comprendre ce qu'il appelle « le tsunami du changement » auquel nous faisons face, mais également de savoir s'en protéger ou de choisir consciemment de surfer sur la vague de l'évolution.

Plein tarif:10 euros, TR:7 euros
L'entrepôt 7/9 rue Francis de Pressensé 75014 Paris
Attention, nombre de places limité. Réservez au : 01 45 40 07 50 - lentrepot@lentrepot.fr

vendredi 20 novembre 2009

Qu'est-ce qu'un monde fractal ? Ecoutez Bruno Marion sur Radio Aligre

  • Comment se mettre à niveau, "upgrader" sa manière de voir le monde tel qu'il est, et non tel qu'il n'est plus ?
  • Comment intégrer les changements de paradigmes scientifiques dans sa vie de tous les jours ?
  • Que peuvent nous enseigner les grandes traditions asiatiques et occidentales pour comprendre notre monde en pleine mutation ?
  • Comment surfer sur le tsunami des changements dans notre vie professionnelle et personnelle ?

Pour répondre à ses questions : écoutez Bruno Marion interviewé par Florence Matton dans l'émission Voix contre Oreille (55 minutes)

lundi 12 octobre 2009

Vidéo sur les fractales

Une courte vidéo (2mn 45) sur l'intérêt d'une modélisation fractale du monde par Benoit Mandelbrot :


samedi 26 septembre 2009

Vers une démocratie plus juste, plus efficace... plus fractale ?

Notre organisation démocratique doit être adaptée à un monde qui a évolué. En effet, notre vison démocratique est aujourd’hui essentiellement linéaire :

- 2 partis politiques en général (ou plus se réduisant à 2 au second tour de l’élection)
- le parti gagnant l’élection a tous les pouvoirs pour une durée déterminée.

Dans cette vision très linéaire - d'un côté les dirigeants, de l'autre les dirigés, nous essayons d’élire celles et ceux que nous croyons les plus capables de prendre les bonnes décisions pour l’intérêt commun. Et ceci pour les 4 ou 5 prochaines années. Hors qui peut croire aujourd’hui que dans ce monde chaotique une personne peut avoir les capacités d’appréhender la complexité nécessaire pour prendre les bonnes décisions sur des sujets très vairés et toujours plus complexes ? Qui peut encore croire que si nos dirigeant(e)s n’ont pas les capacités nécessaires, ils pourront s’entourer des bons conseillers ou des bons experts ? Des experts de plus en plus enfermés dans la tour d’ivoire de leur spécialité alors que l’analyse d’un monde complexe et chaotique nécessite au contraire de plus en plus de vision transversale…

Cette organisation démocratique était sans aucun doute la meilleure (ou le plus mauvais système de gouvernement, à l'exception de tous les autres qui ont pu être expérimentés dans l'histoire – Churchill). Elle est effectivement adaptée à des systèmes où peu de gens ont les connaissances nécessaires (les plus éduqués de la société, l’élite objectivement reconnue part les autres) et fonctionnent très bien quand les phénomènes sont moins complexes et avec une échelle de temps beaucoup plus lente.

Mais, le rythme des changements s’est accéléré et les situations se sont complexifiés. Le système de prise de décision n’est tout simplement plus adapté à notre monde. Aujourd’hui, l’information est à la fois accessible à tous et très fragmentées. Votre voisin de palier en connaît peut-être plus sur l’avenir des abeilles que votre député(e) !

Deux pistes de réflexion sont indispensables pour un fonctionnement démocratique adapté à un monde de plus en plus complexe et fractal :

  • Des systèmes de décision plus « échelonnés » du plus local au plus global :
    Il est évident que des problèmes complexes et global tel le réchauffement climatique, les crises financières, etc. ne peuvent plus être résolus au niveau local ou même national. Seules des instances internationales ou supra nationales sont à même de les traités. Tôt ou tard des formes de gouvernances mondiales vont apparaître indispensables. De même, il apparaît bien insensé de résoudre des problèmes locaux au niveau national ou mondial...
    De ce point de vue, la France avec ses presque 37000 communes (soit la moitié de l’ensemble de l’Union Européenne) et l’expérience européenne d’une manière générale sont sans aucun doute des exemples à étudier…

  • Des systèmes de décision de type démocratie participatives :
    Dans un tel système démocratique, on peut par exemple prévoir des collèges composés à la fois d’experts reconnus, de politiques élus, de fonctionnaires nommés par l’administration compétente, d’usagers, de simples citoyens tirés au sort, etc. L’idée forte est de donné le temps et les moyens à de tel collèges pour s’informer au mieux sur le sujet, et de déterminer les processus de gouvernance qui permettront au collège de prendre la meilleure décision. De tels systèmes n’ont rien d’utopiques. Ils existent et ont largement fait la preuve de l’efficacité de leur fonctionnement.

Peut-être ainsi pourront-nous évoluer vers des systèmes démocratiques plus adaptés à notre monde plus complexes et en évolutions très rapide. Un système de démocratie plus efficace, plus équitable... plus fractale !

lundi 20 avril 2009

Que faire en cas de crise : voir et comprendre

C’est maintenant bien connu, l’idéogramme chinois pour « crise » comporte à la fois les significations danger/risque et chance/opportunité.

La crise est le propre du monde chaotique. C’est le passage d’une image fractale à une autre, d’un mode d’organisation du chaos à un autre.

Aussi, plus qu’une crise, ce sont des crises que nous allons traverser dans plusieurs domaines (économique, social, climatique, écologiques, etc.) souvent concomitamment et de manière systémique. Ainsi, une crise dans un domaine entraine et renforce les crises dans les autres domaines.

Un bref détour par les théories du chaos nous montrent pourquoi.



Dans un premier temps un système est à l’équilibre. Lorsqu’il y a des crises, on parle alors de crises cycliques. Les déséquilibres restent contrôlés et reviennent tôt ou tard à une forme d’équilibre.

A partir d’un certain seuil appelé Point de Déclenchement ou Tipping Point, le système peut
sortir de son équilibre. Les oscillations s’amplifient alors et chaque déséquilibre et plus important que le précédent. Le retour à l’équilibre est une illusion transitoire (« tout va bien, les banques américaines reprennent du poil de la bête »…)

Puis, lorsqu’un certain seuil est dépassé, le système ne peut plus du tout revenir à l’équilibre. On a alors dépassé le point de non retour, le Decision Point. A partir de ce point, deux voies sont possibles. Soit le système s’organise vers un nouvel équilibre plus complexe, à nouveau stable et on parle d’Emergence ou de Breakthrough. Soit le système s’écroule et on parle d’effondrement, de Collapse, de Breakdown.

De toute évidence, et nous ne le développerons pas dans ce présent article, de nombreux systèmes (économique, social, climatique, écologiques, etc.) ont au moins dépassé le Tipping Point, voire même le Decision point.

Le sujet de ce blog est comment aller dans notre vie personnelle et collective, vers un nouvel équilibre, une nouvelle image fractale, comment créer une nouvelle émergence et comment éviter l’effondrement, le Collapse.

Aussi, dans le prochain article, nous verrons comment se préparer aux crises, savoir les traverser et comment en sortir de manière constructive, pour soi, sa communauté et l’humanité.

mercredi 10 décembre 2008

Education conceptuelle occidentale ou apprentissage pratique asiatique : vers une intégration fractale ?

L’approche de l’enseignement présente des différences entre l’occident et l’Asie. Ainsi, si l’approche occidentale est très conceptuelle, déductive, l’approche asiatique est plus pragmatique, inductive.

Il faudrait bien sûr nuancer selon les matières enseignées, les différentes traditions ou l’âge de l’élève ou de l’étudiant.

Toutefois, plus on se rapproche de l'excellence en occident aujourd'hui, plus on se rapproche du conceptuel. Ainsi, le maitre explique. Et le meilleur maitre est celui qui explique bien. De même le meilleur élève est celui qui comprend le mieux. L'excellence est déduite.

A l’inverse, les plus grands maitres chinois (lire par exemple Fabienne Verdier dans Passagère du silence) ou japonais (lire par exemple Le Zen dans l'art chevaleresque du tir à l'arc) sont ceux qui savent faire répéter le bon geste. Ils font émerger l'excellence dans la répétition effectuée par l’élève. Et le bon élève est celui qui sait ne pas chercher à comprendre et sait s’abandonner dans la pratique du rituel. L'excellence est induite.

Ces deux approches sont en fait très liées à deux visions du temps très différentes : linéaire ou cyclique.

Ainsi, dans une vision linéaire, typiquement occidentale, ce qui compte c'est le but. Et pour l'atteindre il faut d'abord comprendre où on va. L'atteinte de son objectif est déduite de la bonne compréhension de la situation.

Dans une vision du temps cyclique, circulaire, typiquement asiatique, ce qui compte c'est la forme, le processus. Si on suit les bons rituels, les bons protocoles, on atteindra son but... même si on ne le connait pas au départ ! La bonne pratique va induire le meilleur résultat.

Un enseignement intégral sait organiser les étapes d'apprentissage répétitif et de compréhension conceptuelle. Des enseignements de ce type, plus inductifs, moins normatifs et qui savent faire émerger les qualités des élèves, existent et ont fait leur preuve depuis de nombreuses années (Auroville, Sri Aurobindo, Steiner, etc.)

On peut réfléchir à pousser encore plus loin cette intégration de manière fractale en trouvant des moyens d'intégrer de la compréhension dans l'apprentissage répétitif et en sachant introduire du répétitif dans la compréhension et le déductif.

Les moyens technologiques dont nous disposons sont surement des voies à explorer pour mieux approfondir et diffuser ces approches éducatives intégrales et fractales. Par exemples, les jeux vidéo, ou les jeux massivement en lignes, le serious gaming, paraissent pouvoir être des moyens d'enseignement intégral et fractal particulièrement intéressant...

vendredi 8 février 2008

Monde fractal ? Monde intégral ?

Monde fractal ? Monde intégral ? Vision fractale ou intégrale ? Pour comprendre les liens et les différences entre ces deux visions, venez assister à la première journée de l'Université Intégrale que j'organise pour le Club de Budapest.


Université Intégrale, journée inaugurale - 29 février 2008
Vous trouverez ci-dessous le contenu de cette journée conçue et animée par Michel Saloff-Coste et Bruno Marion, avec l'appui des membres du Club de Budapest

Qu'est-ce que l'approche intégrale ?

Depuis les deux dernières décennies, un nouveau concept d'organisation du monde, révolutionnaire et radicalement différent du modèle actuel, est en train de prendre une ampleur accrue.

Connu sous le nom d'approche intégrale, il est utilisé dans tous les champs du savoir : des affaires à la médecine, de la psychologie au droit, de la politique au développement durable, de l'art à l'éducation, de la sociologie à la spiritualité...
Il
s'agit d'une démarche globale et inclusive.

Chaque discipline qui recourt à cette approche est ainsi en mesure de se réorganiser de façon plus complète, efficace et efficiente.
L'approche intégrale apporte un nouveau regard à ces disciplines. Elle met en lumière les zones d'approche qui ne présentent pas ce caractère intégral ou qui sont moins complètes. Elle peut servir de guide pour réorganiser ces disciplines.
La vision intégrale permet d'élargir la perspective dans laquelle un individu ou une entreprise évolue, en prenant simultanément en compte leurs dimensions intérieures, extérieures, individuelles et collectives, pour mieux « transcender et inclure » les antagonismes et la complexité du monde.
En d'autres termes, pour que vous ayez une vision complète d'un marché ou d'une situation et puissiez prendre les meilleures décisions possibles en toute connaissance de cause, vous devez prendre en compte une perspective globale incluant les quatre dimensions de la réalité : intérieur, extérieur, individuel, collectif.

Les inspirateurs, fondateurs, penseurs et praticiens de l'approche intégrale :
Rudolf Steiner, Sri Aurobindo, Pierre Teilhard de Chardin, Edgar Morin, Ervin Laszlo (fondateur du Club de Budapest), Ken Wilber, Andrew Cohen, Rupert Sheldrake, etc.

Les principales thématiques de l'approche intégrale :
- La rencontre de l'Est de l'Ouest, l'intégration de la pensée occidentale et asiatique
- Le concept d'évolution créative collective et individuelle
- Intégration et évolution des différents systèmes de représentation
- L'intégration des différentes formes d'intelligence (intellectuelle, émotionnelle, inspirationelle et spirituelle, etc.)
- La conscience non dualiste et expérientielle
- Les quatre quadrants
- Le féminin / masculin
- Etc.

Les exemples d'application de l'approche intégrale :
Education, Ecologie, Economie, Gestion/Administration, Architecture, Médecine, Alimentation, etc.

Les lieux, entreprises et projets porteurs de l'approche intégrale :
California Institute of Integral Studies, Auroville, Esalen, Findhorm, Integral Institut de Ken Wilber, www.gaia.com, Eveil et évolution, etc.

Date : vendredi 29 février 2008
Lieu : Forum 104 - 104 rue Vaugirard - 75006 Paris - Métro Saint-Placide ou Montparnasse
Horaires : 8h30 – 18h30
PAF : 120 € – Déjeuner pique-nique biologique / équitable inclus

Pour vous inscrire :
Veuillez envoyer un e-mail à : clubdebudapest290208@gmail.com
Le programme de la journée vous sera alors envoyé ainsi que des suggestions de lecture et les modalités de règlement.
Le nombre de places étant limité, nous prendrons les inscriptions dans l'ordre d'arrivée.

10 bourses seront octroyées par le Club de Budapest pour la participation à cette journée.
Merci d'adresser votre demande motivée à :
clubdebudapest290208@gmail.com

dimanche 13 janvier 2008

Echanges fractals au coin du feu...

Ecouter une brève introduction à un monde fractal (8 minutes) :


jeudi 27 décembre 2007

Notes de voyages dans un monde fractal – Episode IV

Il m’est toujours étonnant d’observer Tokyo, ou les autres grandes villes japonaises, paroxysme d’urbanisation où l’homme s’est complètement éloigné de la nature. Le Japon est pourtant un pays où tout dans la culture ramène à la nature. Je recherchais donc comment les Japonais, au-delà des quelques parcs présents à Tokyo auraient conservé quelques restes fractals de nature. C’est finalement dans une (petite) assiette que j’ai trouvé un vrai jardin Zen ! Cela au cours d’un dîner inoubliable.

Ainsi, le dîner au restaurant Tapas Molecular Bar (7 places, 2 mois pour réserver…) m’a permis de trouver un coin de futur lié au passé. Et aussi un coin de tradition entouré d’un design futuriste avec vue imprenable sur Tokyo… Le fractal peut donc être aussi dans votre assiette ! Le Chef est américain (d’origine japonaise ?) et est très inspiré de la cuisine moléculaire d’El Bulli en Espagne ou du Fat Duck en Angleterre. Le dîner est une véritable fête des sens…

Le pays où le bouddhisme a trouvé sa forme la plus épurée, le Zen, est aussi le pays du luxe absolu. Cartier y réalise 30% de son chiffre d’affaire mondial et, statistiquement une japonaise sur deux possède un sac Louis Vuitton. Dans certains quartiers, il est plus facile de trouver un magasin Chanel au coin de la rue qu'un magasin de nourriture !

Même si, pour une touche fractale, on retrouve toujours de nombreuses japonaises en kimono traditionnel parmi les dernières tenues Prada ou Chanel…

Dans la suite de mes réflexions sur les flagship stores, Tokyo est LA ville des flagship stores où toutes les marques rivalisent de grandiose. C’est à qui aura le plus grand architecte et l’immeuble musée le plus original. On retrouve ainsi les réalisations des plus grands designers et architectes contemporains dans une société si respectueuse des traditions…


Mais le magasin le plus émergent n’est pas celui d’une grande marque de luxe mais le magasin UT, nouveau fleuron de la chaîne Uniqlo (le H&M japonais) à Harajuku . C’est à la fois le summum du design simple, uniquement blanc et miroirs, et le lieu du choix quasi infini. Il ne vend que des T-shirts… mais des centaines de modèles qui font l'objet d'un concours international pour chaque collection. Ils sont vendus (environ 10 EUR) dans des containers en plastique transparent et mis en rayon comme des boites de conserves.


Les Japonais sont toujours à la recherche de la dernière tendance. J’ai ainsi rencontré le créateur Français du concept Not so Big (« Kid stuff for adults ! ») dans le magasin ouvert avec ses partenaires Japonais dans Tokyo Midtown, le dernier ensemble gigantesque de résidences et de magasins de Tokyo, dans la même ligne que Roppogui Hills construit il y a quelques années. Les Japonais ont-ils été sensible à l’idée du coté enfant chez les adultes ou bien au côté adulte des enfants ?

La visite de quelques musées me rappelle à quel point l’art est l’essence d’une époque, d’une culture… et réciproquement. Ainsi, l’enchaînement en quelques jours des galeries et de musées à Séoul, Shanghai et Tokyo est assez saisissant. J’ai particulièrement été impressionné par l’exposition Crossroad au Mori Museum qui présente les dernières création d’artiste contemporains japonais et l’exposition Water (sur le thème de l'eau...) dans le superbe musée 21-21 Design Sight, fruit de l'association entre l'architecte Tadao Ando et le couturier Issey Miyake.

Mais l’évènement dont tout le monde parle à Tokyo, c’est la sortie du premier Guide Michelin local qui proclame Tokyo capitale gastronomique mondiale avec ses 191 étoiles (97 à Paris et 54 New York). 90 000 exemplaires épuisée en 48 heures pour un classement qui déchaîne passions et polémiques. Un guide gastronomique français qui réussi à Tokyo ? Dans la même catégorie, alors que j’avais dîné dans un japonais super branché pour les New-yorkais à New York, Bond Street, j’ai déjeuné chez Dean & Deluca (de New York) à Tokyo, super branché pour les Japonais !

Et comme à Shanghai, j’ai vu de plus en plus de de mendiants, organisés le soir en véritables villes souterraines comme à la gare de Shinjuku…

En résumé :

  • Bouddha s'habille en Prada !
  • Les lieux branchés de New York sont Japonais et les lieux branchés de Tokyo sont Américains ou européens
  • Il y a plus d’étoiles Michelin à Tokyo qu’à Paris
  • Les adultes achètent de objets d’enfants pour eux, et des objets d’adultes pour leurs enfants
  • Le jardin Zen se trouve dans son assiette…

mercredi 22 août 2007

La conscience est-elle fractale ?

On retrouve une forte influence de notre vision du temps, linéaire pour les Occidentaux et cyclique pour les Asiatiques (voir article du 4 février 2007), dans la manière dont nous envisageons la vie, la mort, et les différents états de conscience.

Ainsi pour les Occidentaux la vie a un début… et une fin, éventuellement suivie par un après vie selon ses croyances. Par contre, pour les Asiatiques, la vie est un éternel recommencement. La réincarnation en est un des exemples.

Regardons ensemble les différents états de conscience les plus courants de la vie :

  • la veille
  • le sommeil
  • les rêves

Ces différents états de conscience se succèdent de façon à la fois cyclique (vision asiatique des choses) et linéaire (vision occidentale) à l’échelle d’une vie. Ils se succèdent en fait de manière fractale (voir article du 31 janvier 2007) :

  • l’état de veille est lui-même une succession de moments où l’on est totalement conscient, et de moments où l’on est plus absent. Les 10 derniers kilomètres de conduite dont on se souvient à peine par exemple.
  • l’état de sommeil lui-même est une succession de stades plus ou moins conscients : sommeil léger, sommeil profond, courts éveils, etc. Certains se souviennent de leurs rêves, arrivent même à les contrôler. D’autres ne se souviennent pas de leur nuit. Ils ne se souviennent même pas des moments où ils étaient réveillés !

Peut-on être conscient que l’on rêve ? Rêve-t-on que l’on est conscient ? Sommes-nous conscient que nous rêvons que nous sommes conscients que peut-être nous rêvons… etc. etc. etc.

Ce dont nous sommes conscient et que l’on appelle la réalité, les songes, et ce dont nous n’avons même pas conscience, s’articulent de manière fractale.

La mort elle-même peut être considérée comme un autre état de conscience. Certes notre corps physique disparaît mais notre âme demeure. Elle continue à être consciente d’elle-même ou non, jusqu’à son éventuelle prochaine expérience physique (une éventuelle réincarnation pour les Asiatiques par exemple). Pour la plupart d’entre nous, nous n’avons pas conscience de notre mort… C’est un trou noir.

De même que nous pouvons être plus ou moins conscients pendant la veille ou pendant le sommeil, ne sommes-nous pas simplement inconscients pendant la mort ?

N’y a-t-il rien pendant la mort, ou y-a-t-il quelque chose dont nous n’avons pas conscience ?

La mort ne serait alors qu’un des plis de la conscience fractale. Tout comme le sommeil ou l’éveil.

Etre immortel, c’est savoir rester conscient tout le temps, y compris pendant le pli de conscience de la mort. Devenir immortel, c’est ainsi apprendre à être conscient, dans l’éveil, dans le sommeil, et dans la mort.

Apprendre à vivre sa mort, c’est comme apprendre à se voir s’endormir. Et apprendre à être conscient dans son sommeil, c’est déjà un peu apprendre à être conscient au delà de la mort.

De nombreux chemins pour y parvenir ont été expérimentés au cours des siècles et sont pratiqués par de plus en plus de personnes… nous y reviendrons ! De même que nous avons commencé à apprendre à organiser notre vie de manière fractale (voir article du 10 mai 2007), nous pouvons apprendre à être conscient de manière fractale !

vendredi 18 mai 2007

Organiser sa vie de façon fractale ?

Comment organiser sa vie, son travail, ses loisirs, etc. de manière fractale (voir article du 31 janvier 2007) ? Cela vous permettra, non seulement de mieux vous adapter au nouveau monde dans lequel nous vivons, mais cela vous permettra même d’en tirer tous les avantages !

Etudions quelques aspects de notre vie et voyons comment y répondre de manière fractale :

Temps de travail / temps de loisir :

  • La version linéaire : L'organisation actuellement dominante est typique de l'ère industrie-commerce : on travaille pendant de longues plages horaires et on se repose également dans des plages horaires plus ou moins longues. C’est la dualité, soit l’un soit l’autre.
  • La version fractale : C’est accepter parfois de travailler pendant ses congés… mais aussi avoir des moments de congé pendant que l'on travaille ! C’est savoir exploiter pleinement les caractéristiques de l'ère création-communication, ou société de l’information. Partir en week-end avec son ordinateur portable ou son smartphone permet certes aux mails professionnels d’envahir la sphère privée… mais l’on peut aussi faire ses courses, ou organiser ses prochaines vacances sur internet pendant les heures de travail ! Le plus dur, c’est bien sûr comme pour les autres thèmes ci-dessous de bien définir les limites. Savoir en permanence identifier l’image fractale de notre organisation personnelle !

Lieu de travail / lieu de vie personnelle :

  • La version linéaire : Actuellement on travaille à un endroit, on vit dans un autre endroit. Il est ainsi tout à fait surprenant de constater que les formes de télétravail n’arrivent toujours pas à se développer… sauf à y voir la crainte de perdre le contrôle du travail des employés par des dirigeants eux-mêmes apeurés par l’évolution du monde…

  • La version fractale : On travaille de moins en moins au bureau, et de plus en plus souvent de chez soi, mais aussi en déplacement. Les outils modernes de communication nous permettent de rester connectés dans presque tous les lieux.
    Ce n’est plus le lieu qui décide de l’activité mais nous-mêmes qui décidons ce que nous voulons faire en tout lieu ! Nous devenons alors de véritables nomades.

Lieu de résidence / lieu de vacances :

  • La version linéaire : On habite dans un lieu dont on s’enfuit dès que l’on peut pour les vacances.
  • La version fractale : On a déjà créé un espace de travail à son domicile, il s’agit maintenant d’y créer un espace de vacances ! Par exemple, un lieu où lire ou un espace d’isolement pour méditer… Par ailleurs, on voit de plus en plus de personnes vivre dans deux lieux au lieu d’un seul. Parfois pour des raisons familiales (famille recomposée par exemple), mais de plus en plus par choix de son (ses) lieu(x) de vie. Ainsi voit-on de plus en plus de gens garder un pied à terre dans une grande ville et s’installer à la campagne. Attention il ne s’agit plus de la dualité appartement dans la ville ou l’on travaille / maison de campagne où l’on se repose! L’appartement en ville est à la fois lieu de rencontres professionnelle mais aussi culturelle, relationnelle. Et la maison de campagne est devenue, grâce à internet un véritable lieu de travail.

Temps de d’apprentissage / temps de travail / temps de repos ou de retraite :

  • La version linéaire : Dans une vie linéaire, les étapes se succèdent sans vraiment se chevaucher : la naissance, la petite enfance, l'école, les études, le travail, la retraite, la mort. On apprend, puis on utilise, puis on se repose…

  • La version fractale : Apprenez à apprendre de manière plus fractale. Travaillez pendants vos études et sachez reprendre des études plus ou moins longues à tout âge. Donnez-vous du temps pour lire. Sachez prendre des moments de retraite pendant votre période à dominante travail. Participez à des stages professionnels et à des stages de développement personnel. Cela veut aussi dire savoir économiser et dépenser pour votre apprentissage !
    La gestion de son capital enseignement-apprentissage doit se gérer, comme votre capital retraite ou votre capital santé.

Temps de vie salariée / temps de recherche d’emploi :

  • La version linéaire : On est soit salarié, soit chômeur. Il n’y a rien entre les deux. Et la transition est en générale brutale.
  • La version fractale : On est en recherche d’emploi permanente, même lorsqu’on pense avoir un emploi stable. Son cv est toujours prêt et ses réseaux de contacts toujours activés ! D’ailleurs on est prêt à accepter des missions plus ou moins longues. Missions qui, mêmes courtes, s’insèrent dans un projet professionnel à long terme. Attention, il ne s’agit pas d’accepter une précarisation générale des emplois mais bien de mettre en place une véritable nouvelle organisation du travail !

Temps de vie active / temps de religion - spiritualité :

  • La version linéaire : Actuellement, on croit… ou on ne croit pas. Et si on croit, notre vie est divisée entre les moments de recueillement et les moments où l’on oublie presque sa religion. On va à la messe le dimanche et on est un patron voyou le lundi.
    La version fractale : Ne croyez pas ! Ne doutez pas non plus ! Expérimentez plutôt votre propre spiritualité ou religion. Expérimentez votre propre monde en création. Ressentez le divin au quotidien dans votre vie, sur votre propre chemin. Si vous méditez, apprenez à faire des médiations plus courtes... et apprenez à faire des méditations beaucoup plus longues. Apprenez à méditer pendant les quelques secondes d’attente de votre bus… et offrez-vous une retraite d’une ou deux semaines à l’occasion. C'est ainsi que vous apprendrez à être en méditation permanente !

Il y a de nombreux autres exemples sur lesquels nous reviendrons. Mais pour résumer, disons qu’un des moyens de fractaliser sa vie c’est, d'une part savoir raccourcir, et en même temps savoir rallonger les différentes séquences de sa vie. Par exemple, apprenez à raccourcir vos vacances, sachez débrancher, vous déconnecter et vous reconnecter rapidement. Mais sachez aussi de temps en temps prendre des périodes de congés inhabituellement longues - trois mois, six mois, un an et même plus !

En organisant votre vie, progressivement, de manière plus fractale, vous serez mieux à même de comprendre et de vous adapter à ce monde qui vous apparaît jour après jours de plus en plus chaotique. Vous ne serez plus un simple spectateur subissant et s’adaptant au mieux aux circonstances. Vous deviendrez vous-même plus fractal, vous ferez partie intégrante de ce nouveau monde !

Vous serez acteur et créateur de ce monde en émergence !

samedi 24 février 2007

Emergence d’une conscience collective fractale : elle est déjà là !

La nouvelle conscience (intelligence ?) collective sera fractale (voir article du 31 janvier 2007). Et cette nouvelle conscience mondiale est déjà en train de naître ! Bien sûr, si vous conservez une vision linéaire, vous ne pouvez pas la voir. J’entends par vision linéaire, une vision où on projette des tendances existantes et où l’on se base sur les modèles actuels pour comprendre et faire des projections. Par contre, avec une vision fractale, vous verrez alors émerger cette nouvelle forme de conscience collective. J’entends par vision fractale, la capacité à identifier les motifs d’une image fractale dans le chaos apparent formé par les nouvelles frontières multiples et imbriqués entre elles.

Ainsi, quelques exemples :

  • Jamais dans l'histoire de l'humanité, autant de personnes à travers le monde n’ont manifesté contre une guerre, la deuxième guerre du golfe.
    Avec une vision linéaire, vous ne verrez que l'échec de ces manifestations dans leur tentative d'empêcher cette guerre qui a finalement bien eu lieu.
    Avec une vision fractale, vous verrez qu’en plus de la taille record de ces manifestations il ne s’agit plus d’une simple confrontation binaire entre les opinions de pays pour ou contre la guerre, mais que les plus grandes manifestations ont eu lieux dans les pays mêmes de la « coalition » favorables à cette guerre (la manifestation de 1,5 millions de personnes à Londres est non seulement la plus importantes de ces manifestations mais aussi la plus importante de toute l’histoire anglaise !) Vous verrez ainsi une des amorces d'émergence de cette nouvelle conscience mondiale fractale !

  • Jamais autant de dons n'ont été effectués après une catastrophe naturelle, le tsunami de décembre 2004.
    Avec une vision linéaire, vous ne verrez qu’un élan de générosité proportionnel à l’ampleur de la catastrophe et les problèmes dans l'utilisation, ou la non-utilisation, de ces dons.
    Avec une vision fractale, vous verrez un autre signe de l'émergence de cette nouvelle conscience mondiale : des gens qui n’avaient jamais donné ont contribué à cet élan de générosité mondiale, y compris dans des pays plus habitués à recevoir l’aide mondiale. L’ultra médiatisation de l’évènement n’est pas l’explication de l’incroyable flux de don. C’est une émergence de la conscience mondiale qui tente de répondre, à l'échelle planétaire, à des problèmes qui se posent aujourd'hui, eux-mêmes à l’échelle planétaire : évolution climatique, pollutions, nouvelles pandémies, etc.

  • Le développement rapide du microcrédit est un autre exemple. On est passé ainsi d’un système où de gros prêteurs prêtent à de gros emprunteurs, ou en tout cas à des emprunteurs solvables, à un système où chacun est à la fois emprunteur et prêteur, et à un système qui touche également les moins solvables.
    Avec une vision linéaire, vous ne verrez qu’une extension du monde capitaliste et financier aux plus pauvres.
    Avec une vision fractale, vous verrez l’émergence d’une nouvelle forme d’organisation économique et sociale qui intègre ceux précédemment exclus par le système dominant. Vous verrez un nouvel indice de l’émergence de la conscience mondiale fractale.

  • Jamais le réel et le virtuel n’ont été aussi imbriqués en des frontières variables. Le jeu massivement en ligne Second Life en est un exemple.
    Avec une vision linéaire, vous verrez un nouveau gimmick technologique, un nouveau monde parallèle (et il en existe déjà d’autres). Mais, ce qui est révolutionnaire, ce n’est pas l’aspect monde parallèle, ce sont les interactions avec le monde réel.
    Avec une vision fractale, vous observerez que ce n’est plus le réel d’un côté et le virtuel de l’autre. Le virtuel entre dans le réel et réciproquement. Ainsi les plus grandes marques y articulent leur démarches commerciales et marketing avec celles menées dans le monde réel. Et si les partis politiques s’y affrontent, c’est en grande partie pour qu’on en parle dans les médias du monde réel. De même, l’économie qui y est née a des aspects bien sonnants et trébuchants dans la vie réelle. Et si le réel entre dans le virtuel, le virtuel entre également dans notre réel : pour avoir de nouvelles de son voisin, on tape plus facilement son nom sur Google que l’on frappe à sa porte ! Encore une fois, le réel est dans le virtuel et le virtuel est dans le réel, tous deux imbriqués comme dans une image fractale. Il est même possible que Second Life, qui vient d’ouvrir une partie de ses codes sources, devienne le nouvel outil de navigation sur la toile. Cela pourrait alors devenir le nouveau navigateur du réseau internet et peut-être même une interface entre le réel et le virtuel de la nouvelle conscience mondiale…

Ainsi, avec une vision linéaire, vous ne verrez dans chaque action individuelle, dans chaque ONG, dans chaque projet humanitaire, ou dans chaque émergence du réseau internet, que des projets isolés impossibles à généraliser, à reproduire à plus grande échelle, et qui donc n'auront jamais la taille critique en vue de répondre aux problèmes qui sont à l’échelle planétaire.

Avec une vision fractale vous verrez au contraire l'émergence d'une nouvelle conscience mondiale. Vous verrez les cristaux sources d’une solution de problèmes à l’échelle planétaire.

Les plus attentifs croient voir des signaux faibles et basent leurs prévisions sur ceux-ci. Mais tous ces exemples ne sont pas les signaux faibles d'un univers linéaire. Ce sont les signaux forts d'un univers chaotique et fractal. Ils n'annoncent pas des évolutions, ils sont les preuves d'une nouvelle organisation en train d'émerger.

A nous de voir et savoir accompagner cette nouvelle émergence. Si nous voyons ces nouveaux signes, nous pouvons alors aider, accompagner et faciliter cette émergence. Au contraire, si nous passons à côté, nous continuerons à laisser s'installer les souffrances, les catastrophes, voire le chaos, mais cette fois au sens commun du terme !

L’émergence d’une nouvelle conscience mondiale est à la fois nécessaire et inévitable. Elle se produira tôt tard mais nous avons le choix collectif qu’elle se produise maintenant… ou plus tard. Dans la paix et le bonheur du plus grand nombre… ou dans la souffrance. C’est un choix individuel et collectif historique. Une telle occasion ne s’est jamais produite dans l’histoire de l’humanité !

mercredi 31 janvier 2007

Une nouvelle vision du monde : une nécessité !

Pour pouvoir "lire" le monde, pour mieux le comprendre, il ne faut plus le voir sous forme de frontières plus ou moins facilement repérables, d'ensemble opposables, duels : Asie ou Occident, musulmans ou chrétiens, communistes ou capitaliste, hommes ou femmes, etc.

De même, certaines confrontations, certains combats de modèles sont dépassés (Le choc des civilisations d’Huntington, La fin de l’histoire de Fukuyama). Ils ne sont que des visions duales et linéaires.

Nous avons en effet aujourd’hui une vision du monde très linéaire, très Newtonienne, qui s'applique très bien lorsque l'on est proche des équilibres. Mais aujourd'hui, tous les domaines, y compris dans notre vie quotidienne, nous montrent que nous sommes loin, souvent très loin des équilibres !

N'entendons-nous pas souvent dire : "c'est le chaos" ?

Jamais dans l’histoire de l’humanité, nous n’avons eu accès, à une telle échelle, à l’ensemble des cultures, des philosophies ou des religions. Ce qui était réservé à quelques passionnés, voyageurs, explorateurs ou experts est maintenant disponible pour tous. Tout vient se mélanger, se confronter, s’enrichir quotidiennement dans nos vies. Toutes les connaissances - trop de connaissances et pas assez de connaissance – viennent se percuter, pour constituer notre univers. Un univers chaotique que nous ne comprenons plus très bien…

Par le passé, chaque grande découverte scientifique a toujours permis de voir le monde différemment (Galilée, Newton, Einstein, Prigogine pour n'en citer que quelques un). Et, aujourd'hui encore, l'état de connaissance le plus avancé, la théorie du chaos, peut nous aider à mieux comprendre le monde.

Si maitriser l'ensemble de la théorie du chaos est difficilement accessible à tout le monde, un de ces aspects peut être appréhendé par tous. Il s'agit des images fractales(1). C’est une image, il suffit de la regarder.

Le monde n’est plus linéaire. Il n’est plus relatif, il n’est plus quantique. Il est chaotique. Ou plus exactement, il est linéaire et relatif et quantique et chaotique

Pour voir et comprendre le monde, il faut intégrer, ne pas opposer : savoir extraire l’ordre du chaos, avoir une vision fractale et holographique !

(1) Un objet fractal possède au moins l'une des caractéristiques suivantes :

  • Il a des détails similaires à des échelles arbitrairement petites ou grandes.
  • Il est trop irrégulier pour être décrit efficacement en termes géométriques traditionnels.
  • Il est exactement ou statistiquement autosimilaire c'est-à-dire que le tout est semblable à une de ses parties. C'est une métonymie d'une partie pour le tout.

(Visitez Wikipedia sur les fractales)