mercredi 13 juin 2007

L’univers connu : des plis fractals ?

L'univers tel que nous le percevons est une projection.

Qu’est-ce qu’une projection ? Par exemple, une carte géographique est une projection en deux dimensions du monde réel en 3 dimensions. Le film que vous visionnez sur votre écran de télévision est aussi une projection.

Le monde que nous observons est de quelques dimensions seulement, par exemple quatre (les trois dimensions de l’espace + le temps). Mais ce monde tel que nous le percevons n’est en fait que la projection d’un univers qui a de nombreuses autres dimensions, peut-être même un nombre infini ! Or, la projection d’un élément de plus grande dimension dans une plus petite dimension crée ce que l’on peut appeler des plis, comme lorsqu’on essaie de faire rentrer à plat un vêtement trop grand dans une boite trop petite. Essayez !

Ces plis prennent naturellement une forme fractale (voir article du 31 janvier 2007), et c’est ce qui peut expliquer l’aspect fractal de notre univers.

De même, notre vie est un pli, un pli de conscience, En effet, la projection d’une conscience de dimension infinie dans une dimension humaine, plus petite, fait que notre vie est un pli de conscience.

Ce que j’appelle ailleurs savoir identifier l’image fractale, c’est être capable de voir le schéma des plis, de voir l’ordre dans le chaos. En effet, sur un très petit bout du vêtement, on ne voit pas l’ensemble des plis et tout parait alors plat ou linéaire. Au pire, cela monte un peu, ou cela descend un peu. On ne voit pas le paysage général. Mais dès que l’on s’éloigne ou que l’on s’élève en altitude, que l’on augmente notre champ d’observation, alors les plis et l’aspect fractal apparaissent.

Notre conscience, notre vie, sont fractales. Et c’est en sachant élargir notre champ de conscience que nous pourrons en apercevoir le schéma, et commencer à en comprendre le sens.

dimanche 27 mai 2007

La rencontre de l’Asie et de l’Occident dans la fractalisation de l’écriture ?

Les différentes formes d’écritures expliquent une part importante de nos modes de pensée. Ainsi, prenons les écritures occidentale (alphabet latin) et chinoise :

Ecriture occidentale :
  • elle est conceptuelle et logique
  • ce qui est important, c’est le symbole formé par les lettres
  • s’il y a une faute ou une erreur de frappe, cela ne change pas le sens
  • le sens du mot varie peu selon le contexte
  • la lecture se fait de gauche à droite, ce qui favorise l’utilisation du cerveau gauche
La pensée occidentale est, comme l’écriture, conceptuelle, logique, et peu sensible au détail.

Essayez de lire le texte ci-dessous :

L'odrre des ltteers dnas un mtos n'a pas d'ipmrotncae, la suele coshe qui cmotpe est que la pmeirère et la drenèire soenit à la bnnoe pclae. Le rsete peut êrte dnas un dsérorde ttoal et vuos puoevz tujoruos lrie snas porbèlme. C'est prace que vorte creaveu ne lit pas chuaqe ltetre elle-mmêe, mias le mot cmome un tuot.

Malgré les erreurs, la plupart des gens saisissent parfaitement le sens du texte !

Un autre exemple ? Que lisez-vous dans le triangle ci-dessous ?


Avez-vous bien lu ? Etes-vous sûr ? Pour vérifier, aller voir en bas de cet article. (1)

Ecriture chinoise :
  • elle est contextuelle
  • elle est basée sur la réalité imagée, pas sur un symbole
  • le détail est important. Une erreur dans le signe peut le rendre illisible ou en changer le sens.
  • le contexte est essentiel. Le même idéogramme va changer complètement de sens selon les idéogrammes qui l’entourent
  • la lecture se fait de droite à gauche, ce qui favorise l’utilisation du cerveau droit
Exemple : du cheval à son idéogramme :


La pensée chinoise, comme l’écriture, est contextuelle et très sensible au détail.


Ces deux types d’écriture, liés à deux types de pensées, peuvent-ils se rejoindre ? Va-t-on voir apparaitre des formes d’écritures qui se fractalisent avec des aspects visuels dans des écritures conceptuelles tel l’alphabet latin ? Et inversement des aspects conceptuels et logiques dans des alphabets typiquement visuels et contextuels tel le chinois ?

Cela va-t-il contribuer à former une nouvelle forme de pensée fractale (voir article du 31 janvier 2007) ? (2)

En fait, ces phénomènes ont déjà commencé à se produire !

Le Japon possède ainsi aujourd’hui plusieurs types d’alphabets, l’un proche des idéogrammes chinois avec les influences sur la pensée décrite ci-dessus. Les autres alphabets japonais sont phonétique donc plus conceptuels et se rapprochent des modes de pensée occidentaux (est-ce l’une des raisons de la place particulière du Japon en Asie et dans le monde ?)

L’exemple du coréen est également intéressant. Tout d’abord, c’est un des derniers alphabet qui est été inventé. On peu le qualifier de récent à l’échelle de l’histoire et il s’agit en fait peut être d’un précurseur. Si le coréen est typiquement phonétique, donc conceptuel et logique, il reprend néanmoins un aspect très visuel. Un touriste non initié pourra croire devant un panneau en coréen qu’il s’agit de chinois !

L’écriture occidentale évolue elle aussi vers des aspects plus visuels et contextuels :
  • apparition des smileys dans les mails, les sms, la messagerie instantanée, etc.
  • écriture des sms contextuelle sur certains téléphones avec les logiciels d’écriture intuitive.
  • impossibilité de comprendre certain sms hors du contexte ! C ta mer k lé kdo !
Nous pouvons ainsi observer qu’une nouvelle forme d’écriture fractale, à la fois visuelle-contextuelle et logique-conceptuelle est en train d’émerger. A nous de savoir la repérer et surtout de savoir l’utiliser pour enrichir notre communication. C’est aussi de cette façon que nous ferons émerger une nouvelle forme de pensée… et une nouvelle forme de conscience fractale !


(1) Dans le triangle, il est écrit : « Paris au mois DE DE mai » Il y a deux fois le mot DE. L’aviez-vous remarqué ? L’écriture occidentale ne favorise pas la sensibilité au détail et seul 15 % environ des français remarquent le deuxième DE…

(2) Korzybski explique ainsi combien nous sommes prisonniers de notre structure de langage Greco-Romain et Aristotélien. Par exemple, la racine du mot réalité est "res", la chose, l'objet statique et solide, alors qu’en russe la racine est "mouvement". Ceux qui parlent de réalité en russe ont donc une notion bien plus proche de la physique moderne et de l'approche fractale.

vendredi 18 mai 2007

Organiser sa vie de façon fractale ?

Comment organiser sa vie, son travail, ses loisirs, etc. de manière fractale (voir article du 31 janvier 2007) ? Cela vous permettra, non seulement de mieux vous adapter au nouveau monde dans lequel nous vivons, mais cela vous permettra même d’en tirer tous les avantages !

Etudions quelques aspects de notre vie et voyons comment y répondre de manière fractale :

Temps de travail / temps de loisir :

  • La version linéaire : L'organisation actuellement dominante est typique de l'ère industrie-commerce : on travaille pendant de longues plages horaires et on se repose également dans des plages horaires plus ou moins longues. C’est la dualité, soit l’un soit l’autre.
  • La version fractale : C’est accepter parfois de travailler pendant ses congés… mais aussi avoir des moments de congé pendant que l'on travaille ! C’est savoir exploiter pleinement les caractéristiques de l'ère création-communication, ou société de l’information. Partir en week-end avec son ordinateur portable ou son smartphone permet certes aux mails professionnels d’envahir la sphère privée… mais l’on peut aussi faire ses courses, ou organiser ses prochaines vacances sur internet pendant les heures de travail ! Le plus dur, c’est bien sûr comme pour les autres thèmes ci-dessous de bien définir les limites. Savoir en permanence identifier l’image fractale de notre organisation personnelle !

Lieu de travail / lieu de vie personnelle :

  • La version linéaire : Actuellement on travaille à un endroit, on vit dans un autre endroit. Il est ainsi tout à fait surprenant de constater que les formes de télétravail n’arrivent toujours pas à se développer… sauf à y voir la crainte de perdre le contrôle du travail des employés par des dirigeants eux-mêmes apeurés par l’évolution du monde…

  • La version fractale : On travaille de moins en moins au bureau, et de plus en plus souvent de chez soi, mais aussi en déplacement. Les outils modernes de communication nous permettent de rester connectés dans presque tous les lieux.
    Ce n’est plus le lieu qui décide de l’activité mais nous-mêmes qui décidons ce que nous voulons faire en tout lieu ! Nous devenons alors de véritables nomades.

Lieu de résidence / lieu de vacances :

  • La version linéaire : On habite dans un lieu dont on s’enfuit dès que l’on peut pour les vacances.
  • La version fractale : On a déjà créé un espace de travail à son domicile, il s’agit maintenant d’y créer un espace de vacances ! Par exemple, un lieu où lire ou un espace d’isolement pour méditer… Par ailleurs, on voit de plus en plus de personnes vivre dans deux lieux au lieu d’un seul. Parfois pour des raisons familiales (famille recomposée par exemple), mais de plus en plus par choix de son (ses) lieu(x) de vie. Ainsi voit-on de plus en plus de gens garder un pied à terre dans une grande ville et s’installer à la campagne. Attention il ne s’agit plus de la dualité appartement dans la ville ou l’on travaille / maison de campagne où l’on se repose! L’appartement en ville est à la fois lieu de rencontres professionnelle mais aussi culturelle, relationnelle. Et la maison de campagne est devenue, grâce à internet un véritable lieu de travail.

Temps de d’apprentissage / temps de travail / temps de repos ou de retraite :

  • La version linéaire : Dans une vie linéaire, les étapes se succèdent sans vraiment se chevaucher : la naissance, la petite enfance, l'école, les études, le travail, la retraite, la mort. On apprend, puis on utilise, puis on se repose…

  • La version fractale : Apprenez à apprendre de manière plus fractale. Travaillez pendants vos études et sachez reprendre des études plus ou moins longues à tout âge. Donnez-vous du temps pour lire. Sachez prendre des moments de retraite pendant votre période à dominante travail. Participez à des stages professionnels et à des stages de développement personnel. Cela veut aussi dire savoir économiser et dépenser pour votre apprentissage !
    La gestion de son capital enseignement-apprentissage doit se gérer, comme votre capital retraite ou votre capital santé.

Temps de vie salariée / temps de recherche d’emploi :

  • La version linéaire : On est soit salarié, soit chômeur. Il n’y a rien entre les deux. Et la transition est en générale brutale.
  • La version fractale : On est en recherche d’emploi permanente, même lorsqu’on pense avoir un emploi stable. Son cv est toujours prêt et ses réseaux de contacts toujours activés ! D’ailleurs on est prêt à accepter des missions plus ou moins longues. Missions qui, mêmes courtes, s’insèrent dans un projet professionnel à long terme. Attention, il ne s’agit pas d’accepter une précarisation générale des emplois mais bien de mettre en place une véritable nouvelle organisation du travail !

Temps de vie active / temps de religion - spiritualité :

  • La version linéaire : Actuellement, on croit… ou on ne croit pas. Et si on croit, notre vie est divisée entre les moments de recueillement et les moments où l’on oublie presque sa religion. On va à la messe le dimanche et on est un patron voyou le lundi.
    La version fractale : Ne croyez pas ! Ne doutez pas non plus ! Expérimentez plutôt votre propre spiritualité ou religion. Expérimentez votre propre monde en création. Ressentez le divin au quotidien dans votre vie, sur votre propre chemin. Si vous méditez, apprenez à faire des médiations plus courtes... et apprenez à faire des méditations beaucoup plus longues. Apprenez à méditer pendant les quelques secondes d’attente de votre bus… et offrez-vous une retraite d’une ou deux semaines à l’occasion. C'est ainsi que vous apprendrez à être en méditation permanente !

Il y a de nombreux autres exemples sur lesquels nous reviendrons. Mais pour résumer, disons qu’un des moyens de fractaliser sa vie c’est, d'une part savoir raccourcir, et en même temps savoir rallonger les différentes séquences de sa vie. Par exemple, apprenez à raccourcir vos vacances, sachez débrancher, vous déconnecter et vous reconnecter rapidement. Mais sachez aussi de temps en temps prendre des périodes de congés inhabituellement longues - trois mois, six mois, un an et même plus !

En organisant votre vie, progressivement, de manière plus fractale, vous serez mieux à même de comprendre et de vous adapter à ce monde qui vous apparaît jour après jours de plus en plus chaotique. Vous ne serez plus un simple spectateur subissant et s’adaptant au mieux aux circonstances. Vous deviendrez vous-même plus fractal, vous ferez partie intégrante de ce nouveau monde !

Vous serez acteur et créateur de ce monde en émergence !

samedi 21 avril 2007

Comment la vie est devenue fractale ?

Pierre et Marie ont aujourd’hui 70 et 71 ans. Ils ont eux deux enfants, leur fils Philippe qui a aujourd’hui 43 ans et leur fille Sophie qui a 39 ans. Pierre est né dans un petit village à côté de Lyon. C’est dans ce village qu’il est allé à l’école jusqu’au BEPC. Ensuite, il a commencé à travailler dans l’usine du village voisin. C’est d’ailleurs sur son lieu de travail qu’il a rencontré Marie. Ils ont élevés leurs enfants avec amours et ils ont essayé de leur transmettre les valeurs chères à leurs yeux. Ainsi, ils leur ont par exemple expliqué tout au long de leur jeunesse qu’ils devaient absolument travailler à l’école et réussir leur étude s’ils voulaient réussir dans la vie et être l’abri du besoin. De même, tous les deux de religion catholique, ils ont essayé de transmettre l’essentiel des valeurs chrétiennes à leurs enfants. Ils habitent aujourd’hui dans la maison qu’ils ont aménagée au cours des années et ils pensent bien, lorsque que le jour viendra, se faire enterrer dans le petit cimetière du village où les parents de Pierre sont déjà enterrés.

La vie de Pierre et Marie, malgré quelques incidents, a été très linéaire.

Philippe leur fils les a quittés vers 18 ans pour poursuivre de brillantes études d’ingénieur à Lyon. C’est lors de son stage à Londres qu’il a rencontré sa femme Anna, anglaise d’origine indienne musulmane. Après un brillant début de carrière, à la grande fierté de ses parents, il a du changer complètement de carrière ayant été licencié comme la plupart de ses collègues après le rachat de sa société par une entreprise chinoise. Il travaille maintenant à Milan où il a pu trouver un travail de consultant. Il a bien du mal à expliquer son parcours professionnels à ses parents qui eux-mêmes n’osent pas le raconter à leurs amis du village. Pourtant leur fils tente, vainement, de leur expliquer qu’il gagne bien mieux sa vie depuis qu’il est consultant ! Sa femme Anna est restée travailler à Londres où elle occupe un important poste d’analyste financier dans une grande banque. Philippe et Anna commutent tous les week-ends pour se retrouver à Londres ou à Milan. Leur fils de 11 ans, Kevin, est inscrit au lycée international de Londres. Il est déjà un habitué des aéroports et a sa propre carte Gold de voyageur fréquent sur une compagnie aérienne !

La vie de Philippe et Anna est déjà un peu moins linéaire… Mais que va être la vie de leur fils Kevin ? Essayons d’imaginer…

Kevin est parfaitement trilingue, français, anglais et chinois, qu’il a commencé selon ses propres souhaits à apprendre à l’âge de 8 ans ! Bien que probablement il va suivre des études plus longues que celles son père, il va commencer à travailler très tôt. Ses périodes d’études seront entrecoupées de divers stages et autres missions d’apprentissage. Il va même interrompre plusieurs fois ses études pour faire des longs séjours à l’étranger, par exemple en Chine pour parfaire son chinois, mais également lors de missions humanitaires dans divers pays. Pendant toutes ces périodes, il sera bien sûr rémunéré, soit par ses employeurs, soit sous forme d’aides gouvernementales ou associatives.

A bien y réfléchir, il est d’ailleurs finalement impossible de répondre à la question : quand Kevin va-t-il finir ses études et commencer sa vie active ?

D’ailleurs plus âgé, il va plusieurs fois interrompre plus ou moins longuement ce que l’on appelle aujourd’hui sa vie professionnelle, soit pour reprendre des études, soit pour mener à nouveau d’autres projets humanitaires dans plusieurs pays. Il prendra également à de nombreuses reprises de longues périodes que l’on qualifierait aujourd’hui de vacances, consacrée à la découverte du monde… ou de lui-même.

De la même manière, il est difficile de dire quand il va prendre sa retraite. En effet, sa vie pendant son quatrième et même cinquième âge va continuer à être une alternance d’activités très diverses plus ou moins rémunérées ou simplement de loisirs.

Kevin qui a été élevé dans une grande tolérance religieuse (son père est d’éducation catholique et sa mère musulmane) va découvrir à 16 ans lors d’un stage d’art martial au Japon le bouddhisme Zen. Il pratiquera de nombreuse retraites au cours de sa vie. Si on lui demande quelle est sa religion, il lui sera bien difficile de répondre. De même, il se demandera parfois s’il n’est pas plus asiatique qu’occidental. Dans tous les cas, il affirmera que la spiritualité est un élément essentiel de sa vie.

Côtés vie privée, il va se marier presque plus jeune que ses parents… à leur grande surprise ! Il divorcera aussi beaucoup plus tôt… Il abandonnera d’ailleurs assez vite le concept de mariage et passera rapidement au concept de contrat de vie commune avec ses partenaires. Il aura plusieurs enfants avec des partenaires différents… et sera également totalement investi à certaine époques de sa vie dans l’éducation d’enfants qui ne sont pas les siens. Pendant quelques années, il vivra même une expérience homosexuelle avec son partenaire et participera également à l’éducation des enfants de celui-ci !

Avec plusieurs de ses partenaires, il aura aussi l’occasion de partager non pas seulement sa vie privée mais aussi des projets professionnels ou associatifs. Réciproquement, sa ou son partenaire dans un projet professionnel est parfois la mère de ses enfants ou son aimée… Il est parfois difficile de faire la part du privé et du professionnel dans sa vie.

D’autant plus qu’ils travaillent parfois de chez eux. La frontière entre lieu de vie privée et lieu de travail et ainsi difficile à déterminer.

La vie de Kevin sera décidément très fractale (voir article du 31 janvier 2007) !

Quand on vit dans un monde linéaire, les frontières travail / vacances, son pays / l’étranger, privé / public, ami / ennemi, etc. sont claires et bien définies. La vie est organisée par longues périodes qui se mélangent peu, par exemple : éducation, puis travail, puis retraite.

Dans un monde qui n’est plus linéaire mais qui est devenu fractal, la vie s’organise selon des schémas où des périodes très différentes qui doivent s’articuler entre elles.

Je vais tenter dans un prochain article de montrer comment on peut s’adapter au mieux à un monde devenu fractal. Nous verrons ainsi comment fractaliser sa vie pour mieux savoir s’adapter à ce nouveau monde fractal.

Pierre et Marie dans leur jardin

Anna et Philippe lors de leur mariage

Kevin à 10 ans

mardi 10 avril 2007

Faut-il croire aux sondages ?

Hola de la Patagonia !

Un peu d’actualité… Cette période d’élections nous abreuve de sondages. Sondages qui sont à la fois quotidiens… et quotidiennement remis en cause. Sont-ils capable de prévoir les résultats des élections ? Même si les sondeurs eux-mêmes, et les journalistes parfois, rappellent qu’ils ne sont qu’une photographie instantanée, ils sont néanmoins utilisés par les analystes politiques et le tout un chacun comme une information quant aux futurs résultats des élections. Deux questions se posent donc : les sondages nous donnent-il effectivement une information précise sur les résultats des élections, et, sont-ils vraiment une photo instantanée de l’opinion publique ?

Les réponses à ces questions sont non, et non.

Les sondeurs eux-mêmes ne cherchent plus à prétendre que les sondages sont des outils de prévisions et le simple rappel des faits est sans appel : selon les sondages, Edouard Balladur aurait du être élu en 1995 et aucun d’entre eux n’avait prévu la présence de Jean-Marie Le Pen au deuxième tour en 2002.

De plus, les sondages, s’ils peuvent apporter des informations sur les opinions des sondés et leur évolutions dans le temps, ne sont certainement pas non plus une image fidèle, une photographie de l’opinion publique, si tant est qu’une telle chose existe.

La raison en est simple : les sondages se basent pour l’essentiel sur des projections linéaires et/ou temporelles :
  • si tant de personnes parmi l’échantillon des sondés se comportent ainsi, alors x % de la population se comportera ainsi.
  • si par le passé les échantillons de sondés ont donné telle ou telle information sur la population globale, nous pouvons refaire aujourd’hui les mêmes hypothèses, voire apporter les corrections souhaitables aux résultats actuels pour tenir compte du passé.
Mais justement, tout cela ne peut plus fonctionner ! Comme nous avons commencé à le voir, le monde n’est plus linéaire, il est devenu chaotique, il est devenu fractal. Et là aussi, on en trouve plusieurs exemples :
  • le choix même des échantillons de sondés pose problème. Comment projeter des résultats obtenu avec des échantillons de personnes tels qu’ils étaient fait par le passé alors que près de 20% de personnes n’ont plus de téléphone fixe (les sondés le sont par téléphone fixe), surtout parmi les plus jeunes électeurs ?
  • on voit apparaître ce que l’on pourrait comparer à des boucles de rétroaction positives avec des sondés qui choisissent leur réponse en fonction de leur volonté de manipulation du résultat du sondage…
  • et que penser du phénomène de l’influence de l’observateur sur l’observé ? Ainsi du choix des sondeurs de faire des sondages sur des éventuels scénarios de deuxièmes tours aux élections présidentielles avec des candidats qui ne doivent pas passer l’étape du premier tour d’après leurs propres sondages !
Les sondages ne sont pas pour autant inutiles. C’est leur utilisation qui est abusive.

Aujourd’hui, dans un monde non linéaire, qui est devenu fractal, les sondages sont même peut-être plus utiles que jamais. Mais les probabilités et les statistiques, doivent être maintenant articulées avec la théorie du chaos. Alors, les sondages pourront permettent deux choses essentielles pour la compréhension et la bonne vision d’un monde fractal :
  • ils permettent de suivre les évolutions dans le temps.
    Aux mêmes questions, quelles sont les réponses apportées par le même type d’échantillon de personnes à des époques différentes.
  • ils sont une aide indispensable à l’établissement de différents scénarios possibles.
    Plutôt que prédire une, et une seule, éventuelle réalité future, à savoir la plus probable, ils permettent de travailler sur les différentes émergences possibles.
En effet, dans un monde linéaire, on peut faire des projections. Mais dans un monde fractal (voir article du 31 janvier 2007), on fait des scénarios, on essaie de voir les différents chemins possibles. Voir ces scénarios, c’est comme essayer de voir les images fractales émerger de ce qui semble être le chaos, être capable de voir l’ordre dans le désordre.

Il serait ainsi dommage de jeter le bébé avec l’eau du bain ! Nous avons plus que jamais besoin d’outils d’analyse et de projection. Nous avons besoin de l’intégration des sciences de la probabilité et des sciences du chaos pour les méthodes de sondages, comme c’est déjà le cas dans les domaines de la météorologie et financiers par exemple.
Sachons donc utiliser les sondages pour ce qu’ils peuvent nous apporter… et un peu moins pour les discussions de café de commerce et autre course au meilleur candidat !

samedi 24 février 2007

Emergence d’une conscience collective fractale : elle est déjà là !

La nouvelle conscience (intelligence ?) collective sera fractale (voir article du 31 janvier 2007). Et cette nouvelle conscience mondiale est déjà en train de naître ! Bien sûr, si vous conservez une vision linéaire, vous ne pouvez pas la voir. J’entends par vision linéaire, une vision où on projette des tendances existantes et où l’on se base sur les modèles actuels pour comprendre et faire des projections. Par contre, avec une vision fractale, vous verrez alors émerger cette nouvelle forme de conscience collective. J’entends par vision fractale, la capacité à identifier les motifs d’une image fractale dans le chaos apparent formé par les nouvelles frontières multiples et imbriqués entre elles.

Ainsi, quelques exemples :

  • Jamais dans l'histoire de l'humanité, autant de personnes à travers le monde n’ont manifesté contre une guerre, la deuxième guerre du golfe.
    Avec une vision linéaire, vous ne verrez que l'échec de ces manifestations dans leur tentative d'empêcher cette guerre qui a finalement bien eu lieu.
    Avec une vision fractale, vous verrez qu’en plus de la taille record de ces manifestations il ne s’agit plus d’une simple confrontation binaire entre les opinions de pays pour ou contre la guerre, mais que les plus grandes manifestations ont eu lieux dans les pays mêmes de la « coalition » favorables à cette guerre (la manifestation de 1,5 millions de personnes à Londres est non seulement la plus importantes de ces manifestations mais aussi la plus importante de toute l’histoire anglaise !) Vous verrez ainsi une des amorces d'émergence de cette nouvelle conscience mondiale fractale !

  • Jamais autant de dons n'ont été effectués après une catastrophe naturelle, le tsunami de décembre 2004.
    Avec une vision linéaire, vous ne verrez qu’un élan de générosité proportionnel à l’ampleur de la catastrophe et les problèmes dans l'utilisation, ou la non-utilisation, de ces dons.
    Avec une vision fractale, vous verrez un autre signe de l'émergence de cette nouvelle conscience mondiale : des gens qui n’avaient jamais donné ont contribué à cet élan de générosité mondiale, y compris dans des pays plus habitués à recevoir l’aide mondiale. L’ultra médiatisation de l’évènement n’est pas l’explication de l’incroyable flux de don. C’est une émergence de la conscience mondiale qui tente de répondre, à l'échelle planétaire, à des problèmes qui se posent aujourd'hui, eux-mêmes à l’échelle planétaire : évolution climatique, pollutions, nouvelles pandémies, etc.

  • Le développement rapide du microcrédit est un autre exemple. On est passé ainsi d’un système où de gros prêteurs prêtent à de gros emprunteurs, ou en tout cas à des emprunteurs solvables, à un système où chacun est à la fois emprunteur et prêteur, et à un système qui touche également les moins solvables.
    Avec une vision linéaire, vous ne verrez qu’une extension du monde capitaliste et financier aux plus pauvres.
    Avec une vision fractale, vous verrez l’émergence d’une nouvelle forme d’organisation économique et sociale qui intègre ceux précédemment exclus par le système dominant. Vous verrez un nouvel indice de l’émergence de la conscience mondiale fractale.

  • Jamais le réel et le virtuel n’ont été aussi imbriqués en des frontières variables. Le jeu massivement en ligne Second Life en est un exemple.
    Avec une vision linéaire, vous verrez un nouveau gimmick technologique, un nouveau monde parallèle (et il en existe déjà d’autres). Mais, ce qui est révolutionnaire, ce n’est pas l’aspect monde parallèle, ce sont les interactions avec le monde réel.
    Avec une vision fractale, vous observerez que ce n’est plus le réel d’un côté et le virtuel de l’autre. Le virtuel entre dans le réel et réciproquement. Ainsi les plus grandes marques y articulent leur démarches commerciales et marketing avec celles menées dans le monde réel. Et si les partis politiques s’y affrontent, c’est en grande partie pour qu’on en parle dans les médias du monde réel. De même, l’économie qui y est née a des aspects bien sonnants et trébuchants dans la vie réelle. Et si le réel entre dans le virtuel, le virtuel entre également dans notre réel : pour avoir de nouvelles de son voisin, on tape plus facilement son nom sur Google que l’on frappe à sa porte ! Encore une fois, le réel est dans le virtuel et le virtuel est dans le réel, tous deux imbriqués comme dans une image fractale. Il est même possible que Second Life, qui vient d’ouvrir une partie de ses codes sources, devienne le nouvel outil de navigation sur la toile. Cela pourrait alors devenir le nouveau navigateur du réseau internet et peut-être même une interface entre le réel et le virtuel de la nouvelle conscience mondiale…

Ainsi, avec une vision linéaire, vous ne verrez dans chaque action individuelle, dans chaque ONG, dans chaque projet humanitaire, ou dans chaque émergence du réseau internet, que des projets isolés impossibles à généraliser, à reproduire à plus grande échelle, et qui donc n'auront jamais la taille critique en vue de répondre aux problèmes qui sont à l’échelle planétaire.

Avec une vision fractale vous verrez au contraire l'émergence d'une nouvelle conscience mondiale. Vous verrez les cristaux sources d’une solution de problèmes à l’échelle planétaire.

Les plus attentifs croient voir des signaux faibles et basent leurs prévisions sur ceux-ci. Mais tous ces exemples ne sont pas les signaux faibles d'un univers linéaire. Ce sont les signaux forts d'un univers chaotique et fractal. Ils n'annoncent pas des évolutions, ils sont les preuves d'une nouvelle organisation en train d'émerger.

A nous de voir et savoir accompagner cette nouvelle émergence. Si nous voyons ces nouveaux signes, nous pouvons alors aider, accompagner et faciliter cette émergence. Au contraire, si nous passons à côté, nous continuerons à laisser s'installer les souffrances, les catastrophes, voire le chaos, mais cette fois au sens commun du terme !

L’émergence d’une nouvelle conscience mondiale est à la fois nécessaire et inévitable. Elle se produira tôt tard mais nous avons le choix collectif qu’elle se produise maintenant… ou plus tard. Dans la paix et le bonheur du plus grand nombre… ou dans la souffrance. C’est un choix individuel et collectif historique. Une telle occasion ne s’est jamais produite dans l’histoire de l’humanité !

dimanche 11 février 2007

Qu’est-ce qu’un monde fractal ?

J’essaie de montrer ici en quoi le monde s’est transformé d’ensembles assez homogènes aux frontières clairement définies en un monde où l’un se retrouve dans l’autre, comme dans une image fractale. Le lointain se retrouve ainsi parfois plus proche… et le proche se retrouve parfois lointain.

  • La séparation politique Droite-Gauche : le monde politique était clairement séparé entre la droite et la gauche. Dans certains milieux, on votait même de père en fils pour le même parti. C’est bien sûr encore vrai aujourd’hui. Mais on voit également apparaitre des électeurs qui votent pour un parti tout en partageant clairement les idées du parti adverse. Ainsi voit-on un candidat qui à la fois prône une droite fière… et en appelle à Jaurès. Et une candidate de gauche qui veut rallier les classes les plus populaires et en appelle à l’ordre juste, concept plutôt de droite me semble-t-il.
    Ce ne sont pas que des discours électoralistes, ce sont des hommes et des femmes politiques qui courent après leur électorat qui se fractalise !

  • Le rapport féminin-masculin : les images de l’homme et de la femme étaient bien définies et très différentes, parfois opposées. Or, on demande aujourd’hui aux hommes de laisser apparaître leur féminité et les femmes n’hésitent plus à affirmer des valeurs que l’on considérait il y a peu comme masculines. Les hommes deviennent Metrosexuels, affichant un soin d’eux même et des attitudes qui les auraient classés dans la catégorie des gays il y a peu...
    Les femmes ne deviennent pas masculines, les hommes ne se féminisent pas, c’est le concept féminin-masculin qui se fractalise !

  • La monde de la mode et des branchés : il y a peu, quelques villes comme Paris, Londres, New York, Tokyo, possédaient les lieux branchés et dictaient la loi de la mode et de la branchitude au reste du monde. Le reste, pour les branchés, n’était alors qu’un vaste no man’s land provincial. Aujourd’hui, on trouve des lieux qui affichent tous les codes de la branchitude, et où l’on retrouve le même public, légèrement à la couleur locale, à Mumbai, Bangkok et ailleurs dans le monde.
    Le monde de la mode ou de la branchitude ne s’uniformise pas, il se fractalise !

  • Les modes de consommation : avant, le saumon c’était pour les riches et le hard-discount pour les pauvres. Aujourd’hui, le saumon se retrouve, comme d’autre mets autrefois dit luxueux, sur toutes les tables. Les riches s’approvisionnent à la fois chez les traiteurs Place de la Madeleine et dans les magasins de hard-discount. De même, les compagnies aériennes avaient l’habitude de classer leur clients en catégories aux limites claires : ceux qui voyagent en Première, ceux qui voyagent en Affaires et ceux qui voyagent en classe économique. Ces mêmes compagnies observent que les mêmes clients voyagent un jour en première et le lendemain avec une compagnie Low Cost ! Ou encore, les ventes de la voiture à bas coût Logan dépassent les attentes de Renault parce qu’elles explosent chez les riches !
    Ce ne sont pas que les produits de riches qui se démocratisent et les riches qui jouent aux pauvres, ce sont les habitudes et les reflexes de consommation qui se fractalisent !

  • Les lieux d’éducation et de savoir : ils étaient eux aussi très bien localisés et délimités, essentiellement dans les grandes villes universitaires ou les grandes capitales mondiales. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Par exemple, début 2007, le MIT a décidé que l’ensemble de ses cours seraient disponible gratuitement sur Internet. Ainsi, n’importe qui avec une connexion Internet a accès aujourd’hui à presque tous les savoirs, alors que son voisin de palier ou de village peut rester dans l’ignorance s’il n’est pas connecté.
    Ce n’est pas qu’une fracture numérique, c’est la fractalisation du monde vis-à-vis de l’accès au savoir et à l’éducation.

Je reviendrai prochainement sur tous ces exemples et j’en présenterai d’autres : la conscience, la vie quotidienne, la famille, les aspects géopolitique et religieux, les organisations et le management, etc.

Celui ou celle qui cherche à comprendre, à analyser ou à prévoir l’évolution de tous ces domaines en les observant de manière linéaire court à l’échec. Seule une vision fractale permet de comprendre ces domaines, de prévoir leurs évolutions et d’agir.