lundi 9 novembre 2009

Une relation d’amour fractale ?

On peut classer l’évolution des relations de couple en plusieurs étapes :
  • L’amour physique / génétique : à l’époque chasse-cueillette, le but essentiel de la relation, c’est la survie, sa propre survie et celle de ses gènes. Ainsi, la femme choisira la mâle dominant plus à même de la protéger et d’assurer la survie de ses gènes. De même, le mâle choisira la femelle la plus vigoureuse et pour être plus sûr, il en choisira même plusieurs… A noter que certains d’entre vous pourrons opposer que ma connaissance de cette époque commence et s’arrête à la Guerre du feu et à Pourquoi j’ai mangé mon père. Ils n’auront pas forcément tort. Notre vision de cette époque, faute de traces plus précises, est essentiellement une reconstitution en fonction de notre vision du monde actuelle. Il n’est pas impossible qu’à cette époque la civilisation fut beaucoup plus évoluée. Mais, je m’en tiendrai ici à la vision la plus partagée de nos jours.
  • L’amour social : à l’époque agriculture-élevage, les mariages sont arrangés. Ils permettent ainsi par exemple de sceller des unions entre familles ou de récupérer le terrain des voisins tant convoité depuis des décennies. Cela explique aussi le droit d’ainesse qui évite un redécoupage des terres.
  • L’amour libre : l’époque de l’industrie-commerce voit apparaître plusieurs évolutions de l’amour que l’on peut appeler libre. Ainsi, on choisi soi-même son/sa partenaire par amour. Et quand on n’aime plus, on divorce. Certaines époques, telles 1968 et la période hippie, verront parfois apparaître la version paroxystique de cette version de l’amour.
  • Le Super Amour : une évolution ultérieure verra apparaitre ce qu’Alvin Toffler va appeler le Super Amour (Super Love) où les partenaires, en plus de l’amour, recherchent d’autres formes de respect quasi professionnelles. Les couples sont ainsi amenés à partager de plus en plus de temps à la maison (télétravail, micro business, etc.) et on voudra donc pouvoir compter sur un véritable partenaire (au sens des affaires) à qui on peut demander conseil.
  • L’Hyper Amour : avec l’époque de la création-communication chacun cherche à explorer et faire éclore sa propre singularité. Au-delà du Super Amour, on cherche en plus un véritable partenaire spirituel, une personne capable d’accompagner son propre développement spirituel. L’amour s’éloigne de plus en plus des schémas sociaux conventionnels (social ou libre) et on voit apparaitre des nouvelles formes de couples, par exemple de même sexe, ou des familles de plus en plus recomposées qui réclament leur officialisation ou simplement le droit d’exister. Ainsi, le PACS s'est considréabelemnt développé depusi sa création il y a 10 ans.


Après les partenaires génétiques, les partenaires sociaux, les partenaires romantiques et d’affaires, on voit donc maintenant apparaitre les partenaires spirituels !

Bien sûr, dans chaque époque, de nombreuses personnes n’atteignent pas la forme d’amour la plus évoluée de son époque et en restent à une forme d’amour moins évoluée…

On peut également voir apparaître des divergences au sein d’un même couple. On verra alors l’un reprocher à son/sa partenaire de ne pas lui apporter le bon type d’amour : il/elle ne pense qu’à "libérer sa puissance génétique" (traduire par "il/elle ne pense qu’à baiser") ou encore "il/elle n’est pas assez romantique" (traduire par "il/elle ne pense qu’à mon argent") ou "pas assez spirituel" (traduire par "il/elle est vraiment trop lourd"), etc.

Alors les solutions ? Bien sûr avoir une vision plus fractale de nos relations de couple ! Cela passe peut-être pour certains par des relations successives en fonction des évolutions de chacun. Ou des relations multiples avec différents partenaires, où chacun sait quel type d’amour l’autre lui apporte (et ne lui apporte pas) et quel type d’amour il apporte à l’autre.

La relation de couple fractal parfaite ? Celle ou chacun dans le couple, et le couple lui-même, évolue en harmonie au travers des différents types d’amour en sachant les intégrer de manière fractale. Ainsi, je sais être une bête en rut à certains moments, célébrer romantiquement la vie du couple à d’autres, je fais confiance aux conseils experts de mon/ma partenaire, et ensemble nous évoluons spirituellement dans le respect de nos singularités vers une meilleure relation intégrale et fractale !

mercredi 28 octobre 2009

Vidéo de l'introduction de la 6ème journée de l'Université Intégrale

Retrouvez Bruno Marion pour une présentation de l'approche intégrale... en quelques minutes !



lundi 12 octobre 2009

Vidéo sur les fractales

Une courte vidéo (2mn 45) sur l'intérêt d'une modélisation fractale du monde par Benoit Mandelbrot :


mardi 29 septembre 2009

Comment se préparer aux crises ?


Visionner la vidéo du lancement de l'atelier "Comment se préparer aux crises" lors de la 5ème journée de l'Université intégrale (6 minutes) :


samedi 26 septembre 2009

Vers une démocratie plus juste, plus efficace... plus fractale ?

Notre organisation démocratique doit être adaptée à un monde qui a évolué. En effet, notre vison démocratique est aujourd’hui essentiellement linéaire :

- 2 partis politiques en général (ou plus se réduisant à 2 au second tour de l’élection)
- le parti gagnant l’élection a tous les pouvoirs pour une durée déterminée.

Dans cette vision très linéaire - d'un côté les dirigeants, de l'autre les dirigés, nous essayons d’élire celles et ceux que nous croyons les plus capables de prendre les bonnes décisions pour l’intérêt commun. Et ceci pour les 4 ou 5 prochaines années. Hors qui peut croire aujourd’hui que dans ce monde chaotique une personne peut avoir les capacités d’appréhender la complexité nécessaire pour prendre les bonnes décisions sur des sujets très vairés et toujours plus complexes ? Qui peut encore croire que si nos dirigeant(e)s n’ont pas les capacités nécessaires, ils pourront s’entourer des bons conseillers ou des bons experts ? Des experts de plus en plus enfermés dans la tour d’ivoire de leur spécialité alors que l’analyse d’un monde complexe et chaotique nécessite au contraire de plus en plus de vision transversale…

Cette organisation démocratique était sans aucun doute la meilleure (ou le plus mauvais système de gouvernement, à l'exception de tous les autres qui ont pu être expérimentés dans l'histoire – Churchill). Elle est effectivement adaptée à des systèmes où peu de gens ont les connaissances nécessaires (les plus éduqués de la société, l’élite objectivement reconnue part les autres) et fonctionnent très bien quand les phénomènes sont moins complexes et avec une échelle de temps beaucoup plus lente.

Mais, le rythme des changements s’est accéléré et les situations se sont complexifiés. Le système de prise de décision n’est tout simplement plus adapté à notre monde. Aujourd’hui, l’information est à la fois accessible à tous et très fragmentées. Votre voisin de palier en connaît peut-être plus sur l’avenir des abeilles que votre député(e) !

Deux pistes de réflexion sont indispensables pour un fonctionnement démocratique adapté à un monde de plus en plus complexe et fractal :

  • Des systèmes de décision plus « échelonnés » du plus local au plus global :
    Il est évident que des problèmes complexes et global tel le réchauffement climatique, les crises financières, etc. ne peuvent plus être résolus au niveau local ou même national. Seules des instances internationales ou supra nationales sont à même de les traités. Tôt ou tard des formes de gouvernances mondiales vont apparaître indispensables. De même, il apparaît bien insensé de résoudre des problèmes locaux au niveau national ou mondial...
    De ce point de vue, la France avec ses presque 37000 communes (soit la moitié de l’ensemble de l’Union Européenne) et l’expérience européenne d’une manière générale sont sans aucun doute des exemples à étudier…

  • Des systèmes de décision de type démocratie participatives :
    Dans un tel système démocratique, on peut par exemple prévoir des collèges composés à la fois d’experts reconnus, de politiques élus, de fonctionnaires nommés par l’administration compétente, d’usagers, de simples citoyens tirés au sort, etc. L’idée forte est de donné le temps et les moyens à de tel collèges pour s’informer au mieux sur le sujet, et de déterminer les processus de gouvernance qui permettront au collège de prendre la meilleure décision. De tels systèmes n’ont rien d’utopiques. Ils existent et ont largement fait la preuve de l’efficacité de leur fonctionnement.

Peut-être ainsi pourront-nous évoluer vers des systèmes démocratiques plus adaptés à notre monde plus complexes et en évolutions très rapide. Un système de démocratie plus efficace, plus équitable... plus fractale !

lundi 20 avril 2009

Que faire en cas de crise : voir et comprendre

C’est maintenant bien connu, l’idéogramme chinois pour « crise » comporte à la fois les significations danger/risque et chance/opportunité.

La crise est le propre du monde chaotique. C’est le passage d’une image fractale à une autre, d’un mode d’organisation du chaos à un autre.

Aussi, plus qu’une crise, ce sont des crises que nous allons traverser dans plusieurs domaines (économique, social, climatique, écologiques, etc.) souvent concomitamment et de manière systémique. Ainsi, une crise dans un domaine entraine et renforce les crises dans les autres domaines.

Un bref détour par les théories du chaos nous montrent pourquoi.



Dans un premier temps un système est à l’équilibre. Lorsqu’il y a des crises, on parle alors de crises cycliques. Les déséquilibres restent contrôlés et reviennent tôt ou tard à une forme d’équilibre.

A partir d’un certain seuil appelé Point de Déclenchement ou Tipping Point, le système peut
sortir de son équilibre. Les oscillations s’amplifient alors et chaque déséquilibre et plus important que le précédent. Le retour à l’équilibre est une illusion transitoire (« tout va bien, les banques américaines reprennent du poil de la bête »…)

Puis, lorsqu’un certain seuil est dépassé, le système ne peut plus du tout revenir à l’équilibre. On a alors dépassé le point de non retour, le Decision Point. A partir de ce point, deux voies sont possibles. Soit le système s’organise vers un nouvel équilibre plus complexe, à nouveau stable et on parle d’Emergence ou de Breakthrough. Soit le système s’écroule et on parle d’effondrement, de Collapse, de Breakdown.

De toute évidence, et nous ne le développerons pas dans ce présent article, de nombreux systèmes (économique, social, climatique, écologiques, etc.) ont au moins dépassé le Tipping Point, voire même le Decision point.

Le sujet de ce blog est comment aller dans notre vie personnelle et collective, vers un nouvel équilibre, une nouvelle image fractale, comment créer une nouvelle émergence et comment éviter l’effondrement, le Collapse.

Aussi, dans le prochain article, nous verrons comment se préparer aux crises, savoir les traverser et comment en sortir de manière constructive, pour soi, sa communauté et l’humanité.

mercredi 10 décembre 2008

Education conceptuelle occidentale ou apprentissage pratique asiatique : vers une intégration fractale ?

L’approche de l’enseignement présente des différences entre l’occident et l’Asie. Ainsi, si l’approche occidentale est très conceptuelle, déductive, l’approche asiatique est plus pragmatique, inductive.

Il faudrait bien sûr nuancer selon les matières enseignées, les différentes traditions ou l’âge de l’élève ou de l’étudiant.

Toutefois, plus on se rapproche de l'excellence en occident aujourd'hui, plus on se rapproche du conceptuel. Ainsi, le maitre explique. Et le meilleur maitre est celui qui explique bien. De même le meilleur élève est celui qui comprend le mieux. L'excellence est déduite.

A l’inverse, les plus grands maitres chinois (lire par exemple Fabienne Verdier dans Passagère du silence) ou japonais (lire par exemple Le Zen dans l'art chevaleresque du tir à l'arc) sont ceux qui savent faire répéter le bon geste. Ils font émerger l'excellence dans la répétition effectuée par l’élève. Et le bon élève est celui qui sait ne pas chercher à comprendre et sait s’abandonner dans la pratique du rituel. L'excellence est induite.

Ces deux approches sont en fait très liées à deux visions du temps très différentes : linéaire ou cyclique.

Ainsi, dans une vision linéaire, typiquement occidentale, ce qui compte c'est le but. Et pour l'atteindre il faut d'abord comprendre où on va. L'atteinte de son objectif est déduite de la bonne compréhension de la situation.

Dans une vision du temps cyclique, circulaire, typiquement asiatique, ce qui compte c'est la forme, le processus. Si on suit les bons rituels, les bons protocoles, on atteindra son but... même si on ne le connait pas au départ ! La bonne pratique va induire le meilleur résultat.

Un enseignement intégral sait organiser les étapes d'apprentissage répétitif et de compréhension conceptuelle. Des enseignements de ce type, plus inductifs, moins normatifs et qui savent faire émerger les qualités des élèves, existent et ont fait leur preuve depuis de nombreuses années (Auroville, Sri Aurobindo, Steiner, etc.)

On peut réfléchir à pousser encore plus loin cette intégration de manière fractale en trouvant des moyens d'intégrer de la compréhension dans l'apprentissage répétitif et en sachant introduire du répétitif dans la compréhension et le déductif.

Les moyens technologiques dont nous disposons sont surement des voies à explorer pour mieux approfondir et diffuser ces approches éducatives intégrales et fractales. Par exemples, les jeux vidéo, ou les jeux massivement en lignes, le serious gaming, paraissent pouvoir être des moyens d'enseignement intégral et fractal particulièrement intéressant...