vendredi 8 février 2008

Monde fractal ? Monde intégral ?

Monde fractal ? Monde intégral ? Vision fractale ou intégrale ? Pour comprendre les liens et les différences entre ces deux visions, venez assister à la première journée de l'Université Intégrale que j'organise pour le Club de Budapest.


Université Intégrale, journée inaugurale - 29 février 2008
Vous trouverez ci-dessous le contenu de cette journée conçue et animée par Michel Saloff-Coste et Bruno Marion, avec l'appui des membres du Club de Budapest

Qu'est-ce que l'approche intégrale ?

Depuis les deux dernières décennies, un nouveau concept d'organisation du monde, révolutionnaire et radicalement différent du modèle actuel, est en train de prendre une ampleur accrue.

Connu sous le nom d'approche intégrale, il est utilisé dans tous les champs du savoir : des affaires à la médecine, de la psychologie au droit, de la politique au développement durable, de l'art à l'éducation, de la sociologie à la spiritualité...
Il
s'agit d'une démarche globale et inclusive.

Chaque discipline qui recourt à cette approche est ainsi en mesure de se réorganiser de façon plus complète, efficace et efficiente.
L'approche intégrale apporte un nouveau regard à ces disciplines. Elle met en lumière les zones d'approche qui ne présentent pas ce caractère intégral ou qui sont moins complètes. Elle peut servir de guide pour réorganiser ces disciplines.
La vision intégrale permet d'élargir la perspective dans laquelle un individu ou une entreprise évolue, en prenant simultanément en compte leurs dimensions intérieures, extérieures, individuelles et collectives, pour mieux « transcender et inclure » les antagonismes et la complexité du monde.
En d'autres termes, pour que vous ayez une vision complète d'un marché ou d'une situation et puissiez prendre les meilleures décisions possibles en toute connaissance de cause, vous devez prendre en compte une perspective globale incluant les quatre dimensions de la réalité : intérieur, extérieur, individuel, collectif.

Les inspirateurs, fondateurs, penseurs et praticiens de l'approche intégrale :
Rudolf Steiner, Sri Aurobindo, Pierre Teilhard de Chardin, Edgar Morin, Ervin Laszlo (fondateur du Club de Budapest), Ken Wilber, Andrew Cohen, Rupert Sheldrake, etc.

Les principales thématiques de l'approche intégrale :
- La rencontre de l'Est de l'Ouest, l'intégration de la pensée occidentale et asiatique
- Le concept d'évolution créative collective et individuelle
- Intégration et évolution des différents systèmes de représentation
- L'intégration des différentes formes d'intelligence (intellectuelle, émotionnelle, inspirationelle et spirituelle, etc.)
- La conscience non dualiste et expérientielle
- Les quatre quadrants
- Le féminin / masculin
- Etc.

Les exemples d'application de l'approche intégrale :
Education, Ecologie, Economie, Gestion/Administration, Architecture, Médecine, Alimentation, etc.

Les lieux, entreprises et projets porteurs de l'approche intégrale :
California Institute of Integral Studies, Auroville, Esalen, Findhorm, Integral Institut de Ken Wilber, www.gaia.com, Eveil et évolution, etc.

Date : vendredi 29 février 2008
Lieu : Forum 104 - 104 rue Vaugirard - 75006 Paris - Métro Saint-Placide ou Montparnasse
Horaires : 8h30 – 18h30
PAF : 120 € – Déjeuner pique-nique biologique / équitable inclus

Pour vous inscrire :
Veuillez envoyer un e-mail à : clubdebudapest290208@gmail.com
Le programme de la journée vous sera alors envoyé ainsi que des suggestions de lecture et les modalités de règlement.
Le nombre de places étant limité, nous prendrons les inscriptions dans l'ordre d'arrivée.

10 bourses seront octroyées par le Club de Budapest pour la participation à cette journée.
Merci d'adresser votre demande motivée à :
clubdebudapest290208@gmail.com

mardi 22 janvier 2008

La fractalisation de nos biorythmes ? Sources de dépression, de maladies, ou d’évolution ?

Il y a encore quelques décennies, la plupart d’entre nous étions exposés à 4 saisons au rythme immuable. Aujourd’hui, de plus en plus de gens sont exposés par leurs voyages aux quatre coins du monde, pour des raisons touristiques ou professionnelles, à des variations climatiques totalement chaotiques ! On part en plein hivers aux antipodes chercher le soleil, sa chaleur et sa lumière intense.

De même de plus en plus de gens exposent leur corps et leur mental à des changements d’horaires (travail posté) ou à des décalages horaires dus aux voyages.

Une partie du jour devient la nuit et inversement. Il y a de plus en plus d’été dans nos hivers…

Hors, il est prouvé que le corps et l’esprit sont particulièrement sensibles aux variations de température et peut-être plus encore aux variations d’intensité lumineuse.

Comment réagissent notre corps et notre esprit à ces changements chaotiques ? Voit-on apparaître de nouveaux comportements, de nouvelles maladies dues à ces changements ? Je ne serai ainsi pas étonné que certains d’entre nous soient plus disposés à ces changements alors que d’autres réagissent par des dépressions ou des maladies.

Quelles pourraient être les méthodes, les réponses à ces changements pour qu’ils soient non pas sources de dépressions ou de maladies mais sources d’évolutions tant physiques que mentales ?

Ne sommes-nous pas en train d’aggraver les effets chaotiques sur notre santé, à l'image de la météo qui elle aussi devient chaotique (l'été en décembre, l’hiver en juin...) sous l’effet du réchauffement climatique et des pollutions.

Comme dans une image fractale où le plus grand rejoint le plus petit, sommes-nous en train d'imposer à la nature ce que nous imposons a notre corps ? Sommes-nous en train d’imposer à notre corps ce que nous imposons à la nature ?

Comment notre corps, notre esprit, vont-ils, peuvent-ils s’adapter ?
Comment la nature, la faune, la flore, vont-elles, peuvent-elle s'adapter ?

C’est un domaine où les médecins et autres scientifiques spécialistes du sujet pourraient nous aider et je ne sais pas si des travaux ont été menés sur ces sujets.

D’une manière générale, il est important d’apprendre à être attentif au rythme de son corps et de son esprit pour pouvoir répondre à leurs attentes. Ainsi, il va falloir passer d’un rythme, général, linéaire et identique pour toute la population d’un territoire donné, à une saine gestion de son propre biorythme fractal, en adaptant son environnement personnel (lumière, température, type d’aliment, etc.

Une voie serait par exemple de chercher à fractaliser notre exposition à la lumière : en se ménageant de plus grands moments de faible lumière en été ou au contraire des moments de plus grande intensité lumineuse en hiver…

dimanche 13 janvier 2008

Echanges fractals au coin du feu...

Ecouter une brève introduction à un monde fractal (8 minutes) :


jeudi 27 décembre 2007

Notes de voyages dans un monde fractal – Episode IV

Il m’est toujours étonnant d’observer Tokyo, ou les autres grandes villes japonaises, paroxysme d’urbanisation où l’homme s’est complètement éloigné de la nature. Le Japon est pourtant un pays où tout dans la culture ramène à la nature. Je recherchais donc comment les Japonais, au-delà des quelques parcs présents à Tokyo auraient conservé quelques restes fractals de nature. C’est finalement dans une (petite) assiette que j’ai trouvé un vrai jardin Zen ! Cela au cours d’un dîner inoubliable.

Ainsi, le dîner au restaurant Tapas Molecular Bar (7 places, 2 mois pour réserver…) m’a permis de trouver un coin de futur lié au passé. Et aussi un coin de tradition entouré d’un design futuriste avec vue imprenable sur Tokyo… Le fractal peut donc être aussi dans votre assiette ! Le Chef est américain (d’origine japonaise ?) et est très inspiré de la cuisine moléculaire d’El Bulli en Espagne ou du Fat Duck en Angleterre. Le dîner est une véritable fête des sens…

Le pays où le bouddhisme a trouvé sa forme la plus épurée, le Zen, est aussi le pays du luxe absolu. Cartier y réalise 30% de son chiffre d’affaire mondial et, statistiquement une japonaise sur deux possède un sac Louis Vuitton. Dans certains quartiers, il est plus facile de trouver un magasin Chanel au coin de la rue qu'un magasin de nourriture !

Même si, pour une touche fractale, on retrouve toujours de nombreuses japonaises en kimono traditionnel parmi les dernières tenues Prada ou Chanel…

Dans la suite de mes réflexions sur les flagship stores, Tokyo est LA ville des flagship stores où toutes les marques rivalisent de grandiose. C’est à qui aura le plus grand architecte et l’immeuble musée le plus original. On retrouve ainsi les réalisations des plus grands designers et architectes contemporains dans une société si respectueuse des traditions…


Mais le magasin le plus émergent n’est pas celui d’une grande marque de luxe mais le magasin UT, nouveau fleuron de la chaîne Uniqlo (le H&M japonais) à Harajuku . C’est à la fois le summum du design simple, uniquement blanc et miroirs, et le lieu du choix quasi infini. Il ne vend que des T-shirts… mais des centaines de modèles qui font l'objet d'un concours international pour chaque collection. Ils sont vendus (environ 10 EUR) dans des containers en plastique transparent et mis en rayon comme des boites de conserves.


Les Japonais sont toujours à la recherche de la dernière tendance. J’ai ainsi rencontré le créateur Français du concept Not so Big (« Kid stuff for adults ! ») dans le magasin ouvert avec ses partenaires Japonais dans Tokyo Midtown, le dernier ensemble gigantesque de résidences et de magasins de Tokyo, dans la même ligne que Roppogui Hills construit il y a quelques années. Les Japonais ont-ils été sensible à l’idée du coté enfant chez les adultes ou bien au côté adulte des enfants ?

La visite de quelques musées me rappelle à quel point l’art est l’essence d’une époque, d’une culture… et réciproquement. Ainsi, l’enchaînement en quelques jours des galeries et de musées à Séoul, Shanghai et Tokyo est assez saisissant. J’ai particulièrement été impressionné par l’exposition Crossroad au Mori Museum qui présente les dernières création d’artiste contemporains japonais et l’exposition Water (sur le thème de l'eau...) dans le superbe musée 21-21 Design Sight, fruit de l'association entre l'architecte Tadao Ando et le couturier Issey Miyake.

Mais l’évènement dont tout le monde parle à Tokyo, c’est la sortie du premier Guide Michelin local qui proclame Tokyo capitale gastronomique mondiale avec ses 191 étoiles (97 à Paris et 54 New York). 90 000 exemplaires épuisée en 48 heures pour un classement qui déchaîne passions et polémiques. Un guide gastronomique français qui réussi à Tokyo ? Dans la même catégorie, alors que j’avais dîné dans un japonais super branché pour les New-yorkais à New York, Bond Street, j’ai déjeuné chez Dean & Deluca (de New York) à Tokyo, super branché pour les Japonais !

Et comme à Shanghai, j’ai vu de plus en plus de de mendiants, organisés le soir en véritables villes souterraines comme à la gare de Shinjuku…

En résumé :

  • Bouddha s'habille en Prada !
  • Les lieux branchés de New York sont Japonais et les lieux branchés de Tokyo sont Américains ou européens
  • Il y a plus d’étoiles Michelin à Tokyo qu’à Paris
  • Les adultes achètent de objets d’enfants pour eux, et des objets d’adultes pour leurs enfants
  • Le jardin Zen se trouve dans son assiette…

samedi 15 décembre 2007

Notes de voyages dans un monde fractal – Episode III

La Mercedes SLR (la plus chère des Mercedes…) couleur argent (!) sur le Bund à Shanghai, juste en dessous du bar à la mode, le Bar Rouge (!) entourée de mendiants… Mao réveille toi, le rouge était donc la couleur de l'argent… ou plutôt le monde est décidément bien fractal, surtout en Chine !

Ainsi, ceux qui cherchent à décider si la Chine est encore un pays communiste ou le temple de l’ultralibéralisme ne sont pas au bout de leur peine. Je crois que seule une vision capable de s’éloigner de la dualité, fractale, peut permettre une amorce de compréhension des événements et du système politique et économique qui transforme actuellement la Chine. La Chine est bien communiste. Mais elle est aussi capitaliste (c’est d’ailleurs officiel : c’est l’économie socialiste de marché).

Tout est non-dualité en Chine. Ainsi, autre exemple, la Chine est à la fois le lieu de toutes les catastrophes écologiques… et c’est aussi le lieu de certaines des plus grandes avancées en matières d’environnement !

J’ai aussi renoué lors de la visite du MOCA de Shanghai (musée privé d’art moderne) avec une observation, et une émotion, très présentes depuis mes premiers séjours en Chine lorsque je suis confronté à cet inimitable mélange de grandiose, de clinquant… et de décati. Le parfait exemple pour moi, ce sont les moquettes chinoises ou les rideaux déjà vieux et délavés même quand ils sont neufs (et ils sont rarement neufs)… Une accélération trop rapide des choses pour aboutir à une vision fractale du vieux dans la neuf, ou du neuf dans le vieux ?

La visite du MOCA et l’exposition d’oeuvres ode à la marque Adidas (qui sponsorise l’exposition) montre aussi un autre paroxysme de notre époque. Ce ne sont plus les riches familles ou les gouvernants qui se font tirer le portrait par les artistes les plus en vue, comme aux siècles derniers. Ce sont les marques !

De même que ce ne sont plus les riches de ce monde qui ouvrent leur musée (Pinault n’est qu’un survivant sûrement génial de l’époque Agriculture élevage). Non, ce sont les marques qui ouvrent des musées (Samsung et Hermès à Séoul par exemple, voir article précédent). Et ce sont surtout les marques qui deviennent des musées elles-mêmes (les Apple Stores). On ne fait plus la queue pour voir les Beatles, mais pour acheter son I-phone un jour avant tout le monde ! On ne parcourt plus le monde à la recherche de quelques épices rares, mais on négocie l’exclusivité pendant un jour ou 6 mois d’un produit d’une marque musée !

Je reste également fasciné par ces restaurants dit fusion, comme T8 à Shanghai par exemple. La nourriture ne l'y est pas toujours tant que cela mais la fusion est certainement dans les gens qui fréquentent ces lieux. Ce sont d’ailleurs bien les maîtres de ce nouveau monde fractal. Un mélange des maîtres du pouvoir de l'industrie-commerce à son apogée et des nouveaux maîtres de l’ère création-communication. Peut-il naître quelque chose de ces rencontres ? Se voient-ils ? Ont-ils conscience d'être ce qu'ils sont ?

Dans le même registre, la visite de deux nouveaux clubs fut aussi fort instructive. Le Volar est dessiné par Philippe Starck. Et le MAO s’annonce comme le premier club soucieux de développement durable avec l’utilisation de matériaux de récupération et la possibilité de boire des boissons naturelles. Je n’ai pas ressenti le bon et le vrai de l’affaire au milieu de la fumée de cigarette mais le concept est intéressant…

Autre époque, il y a onze ans, j’ai embauché à Pékin pour la société qui m’employait un jeune chinois. Il devait gagner environ 200 ou 300 Euros, ce qui était un salaire conséquent à l’époque. J’ai déjeuné avec lui et son épouse à Shanghai. Responsable pour la Chine dans un Groupe international, il gagne aujourd’hui plusieurs milliers d’Euros. Il possède une voiture (si quand je l’ai rencontré il y a 15 ans, je lui avait dit « un jour tu auras une voiture », il m’aurait certainement pris pour un fou). Il possède un appartement de 240 m2 avec jardin, il a passé ces dernières vacances au Cambodge et son épouse trouve « très cool » de venir à Paris pour les soldes… Le plus impressionnant étant de voir les 2 « ouvriers du peuple » que je connaissais il y a 15 ans habillés aujourd’hui, avec une grande élégance, en jet-setteurs internationaux …

Bien sûr, tous les chinois ne gagnent pas plusieurs milliers d’Euros par mois et ne font pas les soldes à Paris ! Mais combien de Chinois gagnaient 1 EUR par mois il y a 15 ans et en gagnent 20 aujourd’hui ? Combien en gagnaient 10 et en gagnent aujourd’hui 200 ?

Chaque séjour à Shanghai, à Pékin ou dans beaucoup d’autres villes chinoises (160 villes de plus de 1 million d’habitants en Chine) sont là pour le rappeler : le monde dans lequel vit un Chinois adulte aujourd’hui n’existait pas lorsqu’il était adolescent !

La visite du musée d’urbanisme de la ville de Shanghai qui présente le plan de développement de la ville pour les prochaines années (en grande partie déjà réalisé) est là pour le rappeler avec ses maquettes vertigineuses.
Et pour finir, une bonne nouvelle : je lis dans le Shanghai Daily que Aston Martin vient enfin d’ouvrir une concession à Shanghai. Ils prévoient de vendre 150 voitures en 2008 (entre 200 et 300 000 Euros). Soit presque autant que Ferrari (160 véhicules, + 33% par an) et bien moins que Porsche (20 concessions en Chine, 4000 véhicules en 2008).

Dans le même registre et dans la China Economic Review, la Chine est devenu le deuxième pays après les Etats-Unis pour le nombre de milliardaires. Le Chinois le plus riche est une chinoise de 26 ans (17,5 milliards USD). Un peu plus et on découvrait que Paris Hilton était la fille cachée de Mao…

Et pour quelques touches fractales, je dois aussi indiquer que dans le même temps, je n’ai jamais vu autant de mendiants en Chine que pendant ce séjour à Shanghai… Ou que mon blog n’est pas accessible depuis une connexion Internet en Chine (c’est sûrement me faire beaucoup d’honneur que de le censurer mais j’imagine qu’il contient quelques mots clés qui l’excluent automatiquement).

La Chine est-elle le paroxysme de notre monde matériel et de la société de consommation ? Ou bien au travers du chocs chaotiques des monde ruraux, industriel (l’usine du monde) et création–communication (MAO, le premier club soucieux de développement durable), l’annonce d’un nouvelle organisation sociale, l’émergence d’une nouvelle conscience ? Il faudra sûrement encore quelques centaines ou milliers de séjours pour y répondre…

En tout cas, la Chine est une preuve de tous les instants de l’incroyable accélération du temps et des évènements que nous vivons. Elle en est même parfois le paroxysme fascinant… ou effrayant.

mercredi 12 décembre 2007

Notes de voyages dans un monde fractal – Episode II

Avec Séoul, l’objectif était ambitieux : approfondir ce que mes derniers séjours m’avaient laissé entr’apercevoir, une frémissante émergence de quelque chose au-delà du Séoul habituel, la ville usine dans un pays usine.

En priorité sur la liste, la visite du Leeum Samsumg Museum. J’ai été enchanté et très inspiré par ce lieu.

3 bâtiments qui communiquent. Le premier dessiné par l’architecte Mario Botta, le second par Jean Nouvel et le dernier par Rem Koolhaas. Le premier musée expose des pièces anciennes de l’art coréen. La mise en scène est tellement géniale qu’ils exposeraient de la vaisselle Ikéa, cela sera sûrement aussi génial. Le parcours (du 4ème étage au rez de chaussée) est un véritable parcours initiatique à l’art coréen et à l’art Bouddhiste.

Le deuxième musée est tout aussi génial. Moi qui ne suis pas un grand fan de Jean Nouvel, j’ai beaucoup admiré le lieu qui est en parfait accord avec les oeuvres qui suivent là encore un parcours initiatique, d’abord avec les artistes contemporains Coréens puis internationaux, pour finir avec ce qui se fait de mieux dans l’avant-garde coréenne et internationale.

Le troisième musée présente une exposition temporaire sur… le vide dans l’art Coréen ! Il s’agit d’un mélange complètement fractal entre les plus vieilles antiquités coréennes et les artistes coréens d’avant-garde, mis en valeur par la mise en scène et le bâtiment de Rem Koolhas.

Le vide, la vacuité, principe essentiel du bouddhisme, inspire complètement l’art coréen depuis toujours. J’ai été pratiquement seul pendant toute la durée de la visite de ces lieux magiques… flottant dans la vacuité exprimée pas les œuvres elles-mêmes et le bâtiments de Rem Koolhaas

La journée s’est terminée par un dîner à l’hôtel W. Un véritable temple du design. La chaine W est déjà un concept intéressant qui trouve là une parfaite réalisation…. Là aussi, vision fractale du monde, vision sur Séoul, restaurant au design international, cuisine fusion : suis-je en Corée, à un point d’émergence d’une culture avant-gardiste coréenne sur la scène internationale ? Ou plus simplement dans un îlot d’avant-garde international noyée dans la ville usine ?

Comme évoqué précédemment (Notes de voyage épisode I), je pense qu’il ne faut pas négliger l’importance des flagship stores des grandes marques. Je crois qu'il s'agit à la fois des cathédrales des temps modernes, du paroxysme de la société de consommation, et parfois d’un début d’émergence de la société création – communication.

J’avais donc décidé de visiter le nouveau magasin Hermès de Séoul, ou plutôt la Maison Hemés Dosan Park.

De toute évidence, la rentabilité du magasin lui-même n'a pas été la priorité dans les décisions (j'étais seul pendant la visite de tous les étages du magasin...) le but est bien de créer un univers, une image cohérente, un musée à la gloire de la marque Le déjeuner, ou plutôt l’expérience culinaire Hermès en est un élément : les assiette Hermès, les couverts Hermès, le service et la nourriture Hermès, la mise en scène… Bien sûr, quand j'ai voulu partir en laissant l’argent sans attendre la monnaie : "I am sorry Sir, no tipping". Où avais-je la tête, on ne laisse pas de pourboire dans les musées…

Mais le grand moment de la visite, c’est le musée Promenade conçu par Hilton McConnico. Une mise en scène incroyable pour un grand moment d’émotion. Une forêt en apesanteur plantée d'arbres à l'écorce couverte par le fameux cuir vibrato d'Hermès. Et, à l'intérieur des troncs, des vitrines-écrins avec des objets, des photos et des vidéos qui déroulent l'histoire de la maison Hermès. Une expérience sensorielle futuriste à la gloire du passé. Le passé dans le présent et le présent dans le passé…


Est-ce de l’art fractal au service du commerce, ou du commerce fractal au service de l’art ?

En résumé :

- une ville usine à la pointe de l’avant-garde artistique

- un musée magasin

- un hôtel musée du design avant-garde

- un magasin musée

Je crois qu’il va falloir continuer à observer les signaux faibles de la mode et du design à Séoul… C’est plus dure que dans la plupart des autres capitales mais sûrement plus émergent aussi.

mardi 4 décembre 2007

Notes de voyages dans un monde fractal – Episode I

Comme chaque année, j’ai entamé un tour du monde–pèlerinage pour prendre le pouls de la planète.

J’ai décidé de partager ici, au fur et à mesure des différentes étapes, quelques unes de mes observations sur ce monde de plus en plus fractal

J’ai ainsi retrouvé New York avec beaucoup de plaisir. C’est vraiment un endroit particulier sur cette planète. La ville a quand même encore beaucoup changé. Plus bourgeoise probablement. Et même certainement plus « bobo ». Mais toujours une énergie incroyable. Je reste ainsi fasciné par la créativité et le design qui débordent des magasins, des restaurants, des bars, des plus petits aux plus grands. Et malgré la boboisation (qui cache un peu la vague précédente de Disneylandisation ?) il reste encore des mélanges de genres et de gens tout à fait improbables et fascinants dans certains quartiers, comme le Lower East Side par exemple.

J’ai aussi été très impressionné par la visite du dernier WholeFood (la chaîne de supermarché bio qui a une croissance à deux chiffres…) sur Houston Street. Le concept, la réalisation et la tenue du magasin sont incroyables. Et je connais un peu la partie…

La transition, le lendemain avec l’Upper Esat Side est pour moi toujours aussi impressionnante. J’ai toujours l’impression d’au moins changer de ville ! Le luxe de Madison semble devenir absolument paroxystique, le veste en fourrure à 40 000 Euros étant ma foi presque la normale.

Et pour le paroxystique du paroxystique, le cœur de l’attracteur étrange de la transition entre l’ère industrie - commerce et l’ère création - communication, il faut voir l’Apple store ou le magasin Abercrombie & Fitch sur la Cinquième avenue. L’Apple Store avec son entrée en forme de cube entièrement en verre donnant accès à un lieu exclusivement en sous-sol et sans autre signe distinctif qu’une immense pomme blanche au sommet du cube géant ! Comme une nouvelle étoile, signe quasi-religieux de ralliement d’une tribu si nombreuse qu’elle doit être canalisée dans de longues files...

La Cinquième avenue est une des plus chère au monde et la recherche de la plus belle, la plus grande et la plus étonnante vitrine est un must pour les enseignes qui y ont un magasin. Et bien Abercrombie & Ficth eux, ont tout simplement supprimé leur vitrine en l’occultant sur trois étages avec des volets fermés ! L’entrée, elle aussi canalisée tant la foule est importante, est gardée par deux mannequins masculins de 20-25 ans ! Et comme tous les vendeurs du magasins (eux aussi de toute évidences plus sélectionnés pour leur physique que pour leur MBA) sont torse nu lorsque la météo le permet… et sont en tongues, même lorsque la météo ne le permet pas. Une fois à l’intérieur du magasin, le décor, l’éclairage – qui ne permet certainement pas de voir ce que l’on achète- et la musique qui interdit toute forme de conversation sont bien ceux d’une boite de nuit à la mode ! Au fait, pour ceux qu’ils ne le savent pas encore, Abercombie & Ficth vend essentiellement des T-shirts et des jeans… La visite du flagship store de Zara à proximité est cruelle et parait d’un autre age…

La visite des hôtels comme le Hotel on Rivington ou le Grammercy Park Hotel rappelle que l’on n’achète plus une nuit d’hôtel pour avoir un lit et une salle de bain mais plutôt un concept, un design, une inspiration, ou l’appartenance à une tribu, une expérience… Le Rivington est par ailleurs une présence complètement fractale au milieu du nouveau quartier du Lower East Side

Et pour se convaincre de l’avance de certaines enseigne vers le Bon, le Vrai, et le Beau, il faut visiter ABC Carpet & Home, immense magasin de décoration où les meubles (eco-friendly bien sûr)et autres accessoires ne sont pas exposés mais réellement mis en scène. Tout comme chez Environment Furnitture autre exemple de l’émergence du Beau, du Vrai et du Beau. Leur devise : design with nature.

Et enfin pour le dernier soir, une visite du quartier Meat Packing District où j’ai passé quelques nuits bien déjantées il y a 20 ans. Je crois que cette fois le quartier a presque fini sa Disneylandisation : entre Pastis, restaurant réplique artificielle d’une brasserie française et le déferlement de boutiques d’ultra luxe d’Alexander MacQuenn à Stela Mac Cartney… Sans parler du restaurant Buddhakan, qui fait passer le Bouddha bar parisien pour un petit restaurant de quartier avec son desk d’accueil et ses 10 hôtesses alignées qui vous attendent… Et bien sûr la salle de 20 m sous plafond…

En résumé, la fractalisation du monde suit son cours :

  • un magasin de jeans est un peu une boite de nuit
  • un magasin d’appareil électronique est un lieu de culte
  • les hôtels branchés ne s’installent plus dans les beaux quartiers mais dans les quartiers pas encore rénovés
  • un magasin où les meubles sont mise en scène comme dans un décor de théâtre ou de cinéma
  • le quartier le plus mal famé de New York et devenu le lieu d’implantation des plus grandes marques
  • les restaurants sont des musées-disneyland

A bientôt pour la suite de mes notes de voyages dans les pays asiatiques…